Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 16:08

Younes Kanbouj, ancien étudiant du Master

 

Article-Younes-Kanbouj.jpg



La Folle Histoire des Arts de la Rue
Rencontre(s) singulière(s) entre des populations et les Arts de la rue dans les Bouches-du-Rhône 


Témoignage de Marion Blet, chargée des actions culturelles au sein de Karwan, pôle de développement et de diffusion des arts de la rue et des arts du cirque (Marseille), étudiante au sein du Master Projets Culturels dans l'Espace Public en 2006-2007. Texte transmis en août 2008. 

La Folle Histoire des Arts de la Rue c’est l’histoire des Arts de la rue racontée à partir du répertoire des compagnies dans 6 villes des Bouches-du-Rhône. Ce projet est organisé par Karwan, pôle de développement des arts de la rue et des arts du cirque en région PACA, implanté à la Cité des Arts de la Rue, à Marseille. Anne Guiot en est l’auteur et la directrice artistique. La Folle Histoire s’inscrit dans la continuité de L’Année des 13 Lunes (saison des arts de la rue dans les villes et villages des Bouches-du-Rhône, chaque jour de pleine lune, co-produit avec Lieux publics) au sens où elle installe une relation privilégiée entre une commune et les Arts de la rue, et du Grand Répertoire des machines de spectacle (exposition vivante de machines de spectacles de rue) au sens où elle prolonge l’exposition par l’accès aux spectacles. Cette manifestation est réalisée avec le soutien du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

 

La Folle Histoire des Arts de la Rue accueillera dans le cadre de cette 1ère édition des compagnies exclusivement issues du département : Artonik, No Tunes International, Ex nihilo (vidéo, plus bas : Trajets de Vie, Trajets de Ville), Générik Vapeur, Agence Tartar(e) et ilotopie (photo à droite : La Mousse en Cage). Entre le 29 septembre et le 2 novembre 2008, ces six compagnies s’implanteront, à tour de rôle, dans leur « ville associée ». La Folle Histoire des Arts de la Rue est rythmée par la formule : 1 ville, 1 compagnie, 1 semaine ! Le Temps fort aura lieu du 1er au 9 novembre : la ville de Salon-de-Provence accueillera le florilège de La Folle Histoire, semaine durant laquelle toutes les compagnies seront réunies et présenteront plusieurs de leurs spectacles. Au final, une quarantaine de spectacles seront programmés durant les 6 semaines… L’occasion de découvrir ou de re-découvrir le répertoire des compagnies.


La Folle Histoire des Arts de la Rue c’est aussi des outils de médiation qui invitent les publics  à entrer au plus près dans la démarche artistique des compagnies, à découvrir les processus de création et d’improvisation des artistes, à partager leurs perceptions de la ville et des lieux… Mis en œuvre spécifiquement pour la manifestation, le Bus-expo de La Folle Histoire (voir l'illustration) est un de ces dispositifs de médiation proposés en plus des spectacles. Il s’agit d’une exposition itinérante qui va au-devant des publics pour dérouler, de façon illustrée et interactive, l’Histoire des Arts de la Rue à laquelle les artistes donnent vie par leurs spectacles. Le Bus-expo entamera une tournée départementale dès la mi-septembre avant de s’implanter dans chacune des 6 villes, en suivant le rythme des compagnies, à partir du 29 septembre.

 

Le Printemps dans les collèges 

 

Dans la perspective de sensibilisation et d’accompagnement des publics aux Arts de la rue, axe fort du projet, nous avons mis en œuvre un programme d’actions culturelles dans 8 collèges du département. En tant que chargée des actions culturelles, ma mission a principalement consisté dans la conception et la mise en œuvre de ce programme. Conçu comme un dispositif à part entière, Le Printemps de La Folle Histoire des Arts de la Rue dans les collèges est une action de préfiguration de La Folle Histoire qui s’est déroulé de mars à juin 2008 : il en reprend les 3 axes principaux (spectacles, actions culturelles et connaissance des arts de la rue). Nous avons donc réalisé une mallette pédagogique sur les Arts de la rue, avec entre autres un Cd-rom interactif visant à sensibiliser les collégiens sur le patrimoine vivant des Arts de la rue dans le département des Bouches-du-Rhône, des ateliers de pratique artistique avec des artistes de 3 compagnies programmées à l’automne, et des spectacles dans les collèges concernés.

 

En dépit des délais très rapides  dans lesquels nous avons dû concevoir et mettre en œuvre ce programme avec les enseignants (3 mois environ), ces derniers ainsi que leurs élèves ont émis, de manière globale, des retours très positifs sur cette expérience. Pour la plupart des enseignants impliqués, il s’agissait d’une première rencontre approfondie avec les Arts de la rue. Des envies de pérenniser ou d’amplifier ce type de dispositif ont émergé dans plusieurs collèges… Les enseignants semblent, en effet, en recherche de nouvelles expériences artistiques et culturelles qui viendraient renouveler les pratiques culturelles habituellement proposées dans le circuit scolaire… En outre, l’aspect pluridisciplinaire des Arts de la Rue résonne positivement chez les enseignants qui voient dans ces arts « tout terrain » des liens potentiels avec plusieurs enseignements dispensés au collège… Et également une dynamique intéressante pour des projets pédagogiques réunissant plusieurs enseignants de disciplines différentes. L’optimisation de ce genre de dispositif doit donc, à mon avis, porter sur une mise en lien plus évidente entre les enseignements dispensés et les apports pédagogiques et culturels des pratiques artistiques proposées.  

 

A l’automne, dans le temps de la manifestation, les actions culturelles se destinent davantage aux publics de structures associatives, sociales et culturelles autour d’un outil : Le Bus-Expo de La Folle Histoire. Ainsi, la seconde partie de ma mission concerne à la fois la réalisation du Bus-Expo, dans la recherche de ressources iconographiques et vidéo, et également l’identification de publics pour la diffusion du Bus-Expo. Le travail en direction des publics consistera dans des visites décalées, réalisées par des comédiens des Arts de la rue, et des rendez-vous avec les compagnies autour du bus. Nous souhaitons également re-rencontrer les enseignants et collégiens ayant participé au Printemps de La Folle Histoire en les conviant à assister aux spectacles et à découvrir le Bus-expo.

 

 


Dans la perspective de développer et d’accroître le travail d’actions culturelles mené au printemps, nous mettons également en œuvre une formation sur les Arts de la Rue pour les enseignants de collèges et lycées en collaboration avec le Rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. Ce projet de formation vise à sensibiliser les enseignants à ce champ artistique, d’une manière approfondie, en créant des allers-retours entre théories sur les Arts de la rue et pratique par le fait d’assister aux spectacles programmés dans le cadre de La Folle Histoire. Trois regards complémentaires, ceux de Michel Crespin, Pascal Le Brun-Cordier et Maud Le Floch’, guideront les enseignants dans cette exploration ; les spectacles, quant à eux, viendront nourrir et illustrer les thématiques abordées. Cette formation a pour objectif de donner des clés aux enseignants afin qu’ils s’approprient plus facilement les problématiques relatives aux arts de la rue, et par extension à la création en Espace public, et de susciter des envies pour la réalisation de projets pédagogiques au sein de leur établissement. Les professeurs impliqués au printemps et intéressés pour poursuivre des projets relatifs aux Arts de la rue dans leur collège sont donc prioritairement invités à suivre cette formation. Grâce à ce stage, nous souhaitons également établir un suivi dans la relation avec les enseignants déjà impliqués et en rencontrer de nouveaux.

 

Depuis la fin du Master : ce qui a changé, ce qui demeure…

 

J’ai terminé la formation du Master 2 Projets Culturels dans l’Espace Public depuis 1 an et demi environ. J’ai choisi d’expérimenter La Folle Histoire et un nouveau territoire, d’abord en tant que stagiaire, puis en CDD. En un an et demi, mon regard sur les réalités professionnelles de notre secteur a beaucoup évolué : surprises, déceptions, agacements, interrogations… La formation favorise la capacité d’analyse sur de nombreux projets culturels et la distanciation critique par rapport à nos propres travaux, projets d’étudiants… Je pense qu’il est important de garder ce « regard neuf » face à chaque nouveau projet, une distance critique par rapport aux actions mises en œuvre et des clés pour l’optimisation… Même si on vous fait remarquer que « vous êtes encore jeunes » pour savoir… !  Nourrir les réflexions apportées, les expérimenter, les critiquer, les formaliser…


Malheureusement,  souvent dans les projets réalisés il n’y a pas de budget dévolu à l’évaluation… Certes, les budgets sont dans la plupart des cas déjà très restreints et on les concentre, de manière justifiée, sur les actions et le fonctionnement… Mais il me paraît très frustrant, et quelque part gênant, de produire sans avoir de retours directs des publics, de ne pouvoir mesurer l’impact des actions mises en œuvre et encore davantage lorsque les multiples dispositifs déployés visant à accompagner les publics participent de la dynamique intrinsèque du projet. Cette « foi » dans l’évaluation provient certainement de mes expériences professionnelles précédentes relatives au domaine des études de publics : j’ai réalisé plusieurs études en lien avec  la réception de dispositifs de médiation. Ces travaux d’analyse, de réflexion sur les publics m’ont permis d’avoir des repères, une capacité d’expertise pour la conception et la mise en œuvre de projets. Aujourd’hui ce qui me paraît important réside dans ce savoir, toujours instable, visant à articuler le plus justement possible la réflexion sur des publics identifiés et une action à développer… afin de formuler des propositions de qualité. L’évaluation n’est qu’un moyen pour optimiser l’action… arrêtons de la diaboliser et servons nous en intelligemment !

Marion Blet (août 2008)


Marion Blet est chargée des actions culturelles au sein de Karwan, pôle de développement et de diffusion des arts de la rue et des arts du cirque (Marseille). Elle était étudiante au sein du Master Projets Culturels dans l'Espace Public en 2006-2007. 

http://www.karwan.info

http://www.follehistoire.fr

Pour plus de renseignements sur La Folle Histoire des Arts de la Rue : Karwan : 04 96 15 76 30



Témoignage de Cécile Cano, chargée de mission Culture, au Pays de Cocagne, en Midi-Pyrénées. Type de contrat : CDD d'un an renouvelable (convention territoriale de 3 ans). Témoignage transmis en décembre 2007.

"Je suis chargée de mission culture pour le Pays de Cocagne (voir aussi) en Midi-Pyrénées : 6 intercommunalités et 69 communes sur les départements du Tarn et de la Haute Garonne. Les Pays sont des formes territoriales relativement récentes (3 ans d’existence pour les plus anciennes sur cette région), mises en place et conduites avec l’accompagnent du Conseil Régional.

Intervention artistique dans un champ, à Fiac

Mon travail consiste en la coordination et la mise en place d’une ligne directive de politique culturelle, appliquée au développement du territoire, et ce, pendant 3 ans. Je travaille donc avec l’ensemble des associations et des élus, afin de proposer et mettre e
n place des propositions artistiques structurantes pour le Pays : création d’équipements culturels, travail artistique autour du patrimoine matériel et immatériel, valorisation des manifestations majeurs, émergences de nouvelles formes d’expression, etc. Au côté d’un comité de pilotage et de groupes thématiques, je tente d’ « ouvrir le territoire » par le biais des dispositifs des Conseils Généraux et du Conseil Régional, avec qui nous travaillons en étroite collaboration. Tout cela est possible grâce à la réalisation préalable par un cabinet d’étude, d’un schéma de développement culturel (diagnostic et préconisations) et qui a été à l’origine de mon recrutement.

A la sortie du Master, mon profil était clairement orienté vers la création de projet et l’art contemporain. L’emploi « idéal » que je visualisais a finalement été très différent de l’emploi que j’occupe actuellement. L’attente a été un peu longue pour trouver ce dernier, mais il a en finalité permis de réunir l’ensemble des profils d’intérêt que je menais en parallèle depuis le début de mes études : la conduite de projet, l’ingénierie couleur, ainsi que la création contemporaine et ses formes d’expression nouvelles. Mon territoire est en effet emprunt d’un passif autour du pastel, et de la réflexion couleur ; c’est un territoire dit rural très ouvert aux créations nouvelles.

C’est un emploi que j’occuperai pour au maximum trois années. Il s’agit donc d’une mise en place territoriale du sujet culturel quelque peu expérimentale. Et c’est cette vision « in progress » qui motive mon investissement aujourd’hui. L’ensemble des enseignements reçus durant le Master 2 Projets Culturels dans l'Espace Public prend désormais sens et application pour moi.

Si je devais donc vous prodiguer quelques conseils : prendre chaque emploi, avec curiosité et désir, comme une nouvelle manière d’envisager ses méthodologies et savoir faire. Vous ne trouverez peut être pas immédiatement l’emploi idéal à vos yeux, mais nourrissez-vous au maximum de ces emplois intermédiaires, qui sont finalement de nouvelles occasions d’apprendre et de faire vos marques sur le territoire d’action culturelle. Et ne vous découragez pas durant votre période de recherche. Pour moi, elle aura durée plus de six mois : six mois d’auto courage, d’auto conviction, d’auto énergie ! Mais si on a envie de s’investir dans le monde culturel, ça se finit toujours bien.

Plein de courage pour vous tous et n’hésitez pas à me contacter au besoin."

Cécile Cano, étudiante au sein du Master Projets Culturels dans l'Espace Public en 2005-2006. Témoignage transmis en décembre 2007.



Un projet développé par Kafui Kpodéhoun, étudiante au sein du Master Projets Culturels dans l'Espace  Public en 2006-2007 : Comme un été.

Quelle urbanité pour les non-lieux de la ville contemporaine ? La triple médiation des nouveaux médias, un article de Kafui Kpodéhoun, dans le cadre du projet Ludigo.



Consulter le site des anciens Etudiants de la Sorbonne



Partager cet article

Repost 0
Published by masterpcep - dans Les étudiants

'

merci.jpg

Recherche