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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 16:37

Les 16 et 17 décembre 2006, 36 heures d’immersion au cœur d’un événement-saison atypique, « Lille 3000 », pour :
>découvrir des expositions, œuvres dans la ville, installations, spectacles, et des lieux...
>rencontrer plusieurs responsables du projet : coordination générale, programmation, production, technique
>comprendre les logiques (politique, artistique, culturelle, urbaine, économique...) qui ont présidé à la conception et à la mise en œuvre du projet
>engager une analyse critique du « système Lille 3000 »


Journée du samedi
16 décembre 2006


10h > dans les bureaux de Lille 3000, présentation de Lille 3000, par Charlotte Morel, diplômée du Master en 2006, actuellement salariée de l’association Lille 2006-2008 (qui met en œuvre Lille 3000), en tant qu’assistante chargée de production exposition, dans l’équipe de Caroline Naphégyi. Elle a travaillé sur les expos Bombay Maximum City, Troisième Œil, et sur les expositions dans l’espace public. Le site de Lille 3000. Film sur l'ouverture de Lille 3000.

De 10h45 à 13h00 > parcours dans la ville, découverte des œuvres exposées notamment dans l’espace public.

GOD HUNGRY, de Subodh Gupta, à l’église Sainte-Marie-Madeleine.

« Âge : 42 ans. Vit à Delhi. Particularité : travaille notam- ment avec des ustensiles de cuisine... Cet artiste contempo- rain assemble des matières et objets divers pour bousculer les modes de pensée. Son travail reflète son propre trajet, de la province à Delhi, et se fonde sur les contrastes entre la situation culturelle des régions rurales de l’Inde, aux prises avec la logique effrénée des phénomènes de globalisation. » S. Gupta sur le site de la galerie In Situ. Film.


HALF WIDOWS, de Shilpa Gupta, salle du conclave, Palais Rihour.
« La salle du Conclave est transformée par l’une des artistes contemporaines les plus prisées hors des frontières indiennes. A travers des projections et objets ramenés d’Inde, Shilpa Gupta met en scène la problématique des conflits frontaliers entre l’Inde et le Pakistan qui empruntent, le temps de guerres terribles, les maris des femmes indiennes, les demies veuves. » Film.

HOLOGRAMMES, de Mira Nair, rue du Sec Arembault.

« Mira Nair, la réalisatrice de Salaam Bombay et du Mariage des Moussons, a utilisé la technique des panneaux lenticulaires du studio d’architectes nord-américains, Diller & Scofidio, pour créer des illusions dans la ville. »
Partenariat avec la société JC Decaux.

Images animées sur le site de Laetitia Parent.

Autres images.


LA RAMBLA DES ELEPHANTS
, de Nitin Chamdrakant Desai, rue Faidherbe.


« Nitin Chamdrakant Desai, l’un des plus grands décorateurs de Bollywood, a imaginé une avenue de douze éléphants de huit mètres de haut et de chandeliers surdimensionnés. La gare Lille Flandres est également transformée en palais indien ; Sa façade est illuminée comme au palais de Mysore, son intérieur est habité par des « babys » éléphants nomade. » Film.




De 13h à 14h30 > déjeuner au Tri Postal, Restaurant Les Indes.

Echanges avec Emmanuel Vinchon, sherpa & conseiller artistique de Lille 3000, chargé de la programmation musiques et littérature, de la coordination des projets participatifs.

De 15h à 16h30 > Découverte de la Maison Folie de Moulins. Visite de l’exposition MODERNITES RECYCLEES.
« Aujourd’hui, l’Inde est gagnée par le développement des nouvelles technologies. Le succès des élites, la présence de firmes multinationales d’origine indienne dans le monde montrent l’évolution de ce pays. Au-delà, une autre modernité voit le jour : celle des économies parrallèles, entre légalité, illégalité, recyclage, échanges, partage, opensource (Linux), blogs… A travers des installations, expositions, performances artistiques et un restaurant multimédia & design, Les modernités recyclées évoque la technologie et son impact dans notre société, ainsi que les enjeux de la globalisation et des mondes futurs. »

À 16h30 > Découverte des œuvres, notamment de Subodh Gupta (photo), installées dans le parc Jean-Baptiste Lebas.

De 17h à 19h > au Tri Postal, visite des expositions...

BOMBAY, MAXIMUM CITY
« Avec ses dix-huit millions d’habitants, Bombay est le centre économique de l’Inde ; pourtant elle est constituée du plus grand bidonville d’Asie. Mégapole paradoxale et intense. Bombay, Maximum City, l’exposition, ou comment ressentir la ville, l’appréhender par expériences croisées d’artistes, d’architectes, d’économistes, de bombayites. Photographes, tels Ketaki Sheth, Raghubir Singh et Rajesh Vora, artistes indiens et internationaux – Subodh Gupta, Anita Dube, Jitish Kallat, Nalini Malani, Julian Rosefeldt, Mathias Delplanque, Shilpa Gupta, Hema Upadhyay, Sebastiao Salgado, Patrick Tuttofuoco, Shilpa Chavan - donnent à comprendre Bombay, et nous livrent autant de traces sensibles de la mégapole. La réalisatrice Mira Nair, l’industriel Ratan Tata, l’écrivain Suketu Mehta et l’actrice Aishwarya Rai en proposent également une interprétation.

Le titre de l’exposition est emprunté au best-seller du journaliste Suketu Mehta, dont la traduction française a été éditée à l’occasion de l’ouverture de Bombaysers de Lille (Éd. Buchet-Chastel). Ancré dans la réalité de la ville, il y décrit différentes figures de Bombay, dont certaines se retrouveront dans l’exposition. Sons et images pour une appréhension sensible de la ville, de son architecture et de sa réalité physique. Parallèlement, la vue des bidonvilles, des installations éphémères et informelles des vendeurs de rue, des festivals, en offrent un paysage organique et temporaire, en permanente métamorphose.

Les paradoxes de la ville sont analysés à travers des systèmes spécifiques à Bombay, dont les dabbawallahs (livreurs de nourriture) sont un bon exemple : une organisation complexe et efficace de livraison de repas chauds récoltés à domicile et livrés aux quatre coins de la ville à l’heure du déjeuner. Ils témoignent d’une ingéniosité adaptée à une ville tentaculaire qui sait répondre aux besoins quotidiens de ses habitants.

La scénographie réalisée par le designer indien Satyendra Pakhalé restitue la complexité de Bombay et met le visiteur en situation de la vivre physiquement. »

Co-commissaires : Caroline Naphegyi et Rahul Mehrotra. Scénographe: Satyendra Pakhal, cultural nomad-designer

Images de l'exposition. Film 1. Film 2.

EXPOSITION LE TROISIEME ŒIL
« L’Inde spirituelle, pays aux croyance multiples, terre chargée d’histoire, est devenue un lieu incontournable pour la médiation. Reconstitution à Lille d’un continent à part, hors norme, où astrologie, mythes, rituels, mariages arrangés (« love mariage ») et musique sont omniprésents. Le Troisième œil présente une double vision de cette Inde mystique à travers l’interprétation d’artistes indiens ou occidentaux passionnés par cette dimension sacrée de l’Inde : vidéo, arts plastiques, musiques, mode, cinéma… » Film.

LA FABRIQUE, TANIA MOURAUD. INSTALLATION VIDEO
« Tania Mouraud présente une installation multimédia créée à la suite de son reportage réalisé au sud de l’Inde, dans le village de Trivandrum. Les visages de 150 ouvriers et ouvrières sur une multitude de moniteurs dans le son assourdissant des métiers à tisser fixent le visiteur en accomplissant un travail mécanique. Les corps disloqués de ces travailleurs sont le moteur d’une étrange fabrique… » Film.

20h30 > Spectacles, notamment ENTRE CIEL ET TERRE, spectacle chorégraphique de Rukmini CHATERJEE, à la Maison Folie de Wazemmes.

À partir de 23h30 > Nuit électro du Tri Postal : Siestes Célestes - Pushkar Temple Drums, Riyaz Master Project, DJ 101.


Journée du dimanche
17 décembre 2006


À 10h30 > Maison Folie de Wazemmes

> en sortant de la station de métro Gambetta...

LES PEINTRES AFFICHISTES DE BOMBAY Limona Studio
DANS LES DIX QUARTIERS DE LILLE, À HELLEMMES ET LOMME

« Douze portraits personnalisés : quarante habitants choisis par les lillois pour les représenter, quartier par quartier, pris en photo par Anna Solé, peints par les affichistes de Bombay. Une projection de couleurs à la mode Bollywood, sur des panneaux publicitaires disposés dans la ville. »







RICH MIX - Brick Lane, quartier indo-londonien
« Brick Lane : quartier londonien symbole de la diaspora indienne, mélange de communautés venant à la fois d’Inde, du Bangladesh et du Pakistan. L’ambiance de ce quartier est recréée, offrant ainsi une expérience visuelle, auditive, olfactive, gustative et tactile propre à Brick Lane. Rich Mix, label bangladeshi de Londres, présente la mixité des esthétiques et des cultures de ce quartier londonien, riche d’une activité culturelle qui associe artistes, créateurs media, galeries (de la Whitecube à la White Chapel), marchands de bagels et boutiques vintage, marché du dimanche, clubs et restaurants indiens. » Site de Rich Mix.

À 11h30 > présentation de la maison Folie de Wazemmes, et visite du site
Avec Laurent Tricart, chargé de la communication, maison Folie de Wazemmes

Après-midi : à Lille, exposition au Palais des Beaux-arts... ; à Roubaix, la Piscine, La Condition Publique...


Comme Lille 2004, Lille 3000 est tout à la fois une saison artistique, un
projet culturel, un objet de marketing territorial, un dispositif touristique, un événementiel animatoire... Qui ne fait pas l'unanimité : dans une rue de Wazemmes, près de la maison Folie, une affiche dénonce "l'opération" (photo).








Lille 3000 :
une revue de presse

« Dans la métropole nordiste, les manifestations qui vont durer trois mois, autour de l’Inde et de Bombay, révèlent le monde d’aujourd’hui dans toutes ses violences et ses contradictions.

(...)
Comme on discutait à Byzance du sexe des anges quand les Turcs étaient aux portes de ce qui restait de l’empire romain d’Orient, discutera-t-on à Lille du sexe des éléphants ? Artiste indien, Nitin Desai, qui a installé rue Faidherbe, rebaptisée « Rambla » en souvenir des liens historiques avec l’Espagne de la capitale du Nord, douze éléphants de huit mètres de haut et dix chandeliers géants, a laissé la question en suspens. Ses éléphants n’ont pas de sexe, comme les baigneurs de jadis. Faut-il en conclure qu’il y aurait, après le très grand succès de Lille 2004, une version lisse de Lille 3000 ? Ce serait trahir une opération étalée sur trois mois, jusqu’au 14 janvier, avec au total 340 manifestations dans les domaines les plus divers autour de l’inde contemporaine et plus particulièrement de Bombay. Théâtre, littérature, cinéma, musique, expos, sports, danse, balades de 24 heures dans la ville de midi à minuit. Des centaines de milliers de personnes avaient participé à Lille 2004. Lille 3000 avec « Bombaysers » en attend tout autant, sinon plus, avant de s’ouvrir dans les deux années qui vont venir à la Finlande, puis à l’Europe orientale.

Bombay. Officiellement 12 millions d’habitants mais sans doute 18 millions, 23 millions en 2010 car il est impossible de compter les millions de pauvres qui s’entassent dans les slums, les taudis à étages, de bric et de broc, de tôles et de planches de la Reay Road dans la promiscuité des rats, la puanteur des caniveaux, le vacarme des camions... Bombay, ville monstrueuse de misère mais qui représente 14 % du capital productif de toute l’Inde pour moins de 2 % de son milliard d’habitants. 25 % des impôts fédéraux sur le revenu. Chimie, pétrochimie, automobile, électronique... Immenses richesses, multinationales omniprésentes et toute-puissance du rêve. Bollywood, première industrie cinématographique du monde, des milliers de films, quatre milliards d’entrées par an et des romances toujours recommencées...

Dans la rue du Sec-Arambaut, sur dix panneaux Decaux, la cinéaste Mira Nair joue avec des images holographiques, avec les métamorphoses qui sont les ruses des dieux et l’espoir peut-être des hommes dans la grande roue du temps. Les personnages que l’on voit sur les panneaux changent d’apparence, d’attitude dès que l’on se déplace. Où est la vérité de l’autre ? Qui peut dire la réalité mouvante de l’Inde d’aujourd’hui, immense pauvreté et puissance mondiale dans le tsunami de la mondialisation, ce même tsunami qu’évoque en l’église Sainte-Marie-Madeleine l’artiste indien Subodh Gupta avec son installation « Hungry God » (Dieu affamé), en dressant trois énormes cascades d’ustensiles de cuisine chromés, trois dégueuloirs charriant les repères du quotidien comme la hantise de la nourriture.

Tania Mouraud est française mais séjourne régulièrement au Kerala. Née en 1942, c’est une artiste confirmée de la scène contemporaine maniant aussi bien les graphismes minimalistes que la vidéo, recyclant les acquis de lde l’art dans la modernité. Avec son installation vidéo « la Fabrique », au Tri postal, vaste lieu jouxtant la gare de Lille Flandres et devenu un pôle d’expositions, elle donne à voir, dans un bruit assourdissant et sur une trentaine de téléviseurs et quatre ou cinq écrans muraux les visages de cent cinquante ouvriers et ouvrières, vieillards, enfants, comme enchaînés à leurs métiers à tisser, effectuant sans trêve les mêmes gestes à une cadence folle. En Inde sans doute, comme dans nombre de régions du monde, il n’est pas besoin de chercher l’enfer. L’oeuvre de Tania Mouraud est l’envers des éléphants. Témoignage, dénonciation, coup de poing. Mais les artistes contemporains indiens non plus ne cèlent rien et ne confondent pas l’art et le joli ou la décoration. Hema Upadhyay avec Dream a Wish, Wish a Dream (Rêver un désir, désirer un rêve), a construit en tôle, en résine, en boîtes de conserve un très vaste bidonville sur plusieurs mètres carrés. L’oeuvre est saisissante par ce qu’elle dit du chaos et de l’immense misère de Bombay. Les enfants ne s’y trompent pas qui visitent en groupes les expos du Tri postal. Ou encore, comme le dit un vigile en nouant la conversation, l’art contemporain frappe très fort quand il ne fuit pas la réalité. Manière de dire, comme Delacroix, que le réel est le recours de l’art quand il s’est enfermé dans le maniérisme.

C’est vrai pour Navjot Altaf quand il évoque avec des centaines de petits rubans de papier les tragiques émeutes raciales de Bombay, qui firent début 93 plus de 2 000 morts. Shilpa Gupta après ces émeutes a rempli et expose des centaines de flacons de sang avec des étiquettes dans toutes les langues. Bon sang, mais c’est bien sûr. La partie intitulée « Bombay Maximum City » au Tri postal, est un choc et bien un choc du réel. Les artistes contemporains indiens qui arrivent sur la scène internationale ne viennent pas y faire de la figuration. »

Extraits de l’article de Maurice Ulrich,
paru dans Le Monde le 14 novembre 2006



« Au Tri postal, " Bombay Maximum City " joue l'encombrement et le choc. (...) Un bombardement d'objets, de photos, de films, de mots, de chiffres et de bruits. De nombreuses oeuvres sont des commandes. Aux artistes, il a été demandé d'être des chroniqueurs, des sociologues, des guides. Ils se sont acquittés de leur mission avec sérieux : l'immense maquette de bidonville d'Hema Upadhyay et sa collection d'articles made in China, les installations d'ustensiles de cuisine de Subodh Gupta, les photos de Raghubir Singh, Jitish Kallat ou Ketaki Sheth ont des vertus documentaires. Un réalisme teinté de pop s'impose, accentué jusqu'au kitsch par les affiches et les séquences empruntées à Bollywood, baisers langoureux et mythes hindous tournés en costumes d'époque.

Les pièces les plus captivantes sont celles qui traitent des fanatismes religieux et de l'ultranationalisme : vidéos de Valay Shende et d'Anand Patwardhan, installations de Navjot Altaf et de Shilpa Gupta. Afin de mesurer la gravité de la situation auxquelles elles font référence, la lecture du catalogue est grandement conseillée. »

Extrait de l’article de Philippe Dagen,
paru dans Le Monde, le 26 novembre 2006

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Published by masterpcep - dans Actualité du Master

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