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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 21:52

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Diplômée en 2008, j'ai été embauchée à la suite de mon stage de fin de Master à la Zinneke Parade de Bruxelles. Je connaissais bien ce projet puisque j'avais eu l’occasion de rencontrer l’équipe lors d'un échange européen avec le projet italien de La Oltre à Bologne, où j'ai effectué également un stage en 2006. Après deux années de collaboration alors que j'étais toujours étudiante, j'ai été embauchée à Bruxelles à la coordination du projet européen BelBoBru (programme Culture). J'ai ensuite travaillé à la coordination logistique de la Zinneke Parade 2010. 

 

Les enjeux de participation citoyenne, d’occupation de l'espace public et l'expérimentation de nouveaux modèles économiques développés à Bruxelles, m'ont alors conduite à créer avec d'autres étudiants du Master Projets culturels dans l’espace public La Fabrique des Impossibles en 2010 à Paris. 

 

En résidence depuis 2011 à Mains d'Œuvres, lieu pour l'imagination artistique et citoyenne à Saint-Ouen (93), La Fabrique des Impossibles coordonne la conception de projets culturels collectifs et participatifs qui interrogent les notions de territoire de vie et d’espace public. Dans ces projets, la culture est à entendre dans son acception large et sur sa capacité à faire société, à créer des liens. Il s’agit de s’emparer d’enjeux propres au territoire et de les interroger via la construction de projets artistiques collectifs. En charge de la coordination générale du projet jusqu'en septembre 2015, je suis désormais membre du Conseil d'administration et continue de développer des projets européens au sein du projet. J'effectue par ailleurs des missions de coordination logistique (Festival Silhouette, Paris 19ème) ; des missions de coordination générale Festival A Pleine Rue - Théâtre Romain Rolland - Villejuif...) ; et de l'action culturelle (Théâtre Romain Rolland). 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

Les enjeux soulevés par La Fabrique des Impossibles nous ont amenés spontanément à travailler dans l'espace public. Je défends à travers ces projets l'importance de la co-construction, de la proposition collective. Je ne dis pas que la « création participative » est adaptée à tous les projets. En revanche, il me semble important d'intégrer les habitants, les usagers des espaces concernés, dans la réflexion et la proposition, voire même, quand cela est pertinent, dans la création. Je défends aussi l'importance de nouvelles formes d'occupations, spontanées, gratuites, non formatées. Je pense à des propositions comme Disco Soupe, les initiatives de jardins partagés, des fêtes populaires. Je défends aussi des propositions artistiques qui créent du collectif, transforment le rapport à l'espace, accorde une réelle importance au processus, à l'engagement artistique (quelques exemples : Les Souffleurs, Les Galapiats ou encore JR). 

 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Selon moi, il faut ré-interroger le rôle des acteurs culturels, dépasser la question de la démocratisation culturelle qui, me semble-t-il, n'est plus un enjeu majeur aujourd'hui. Le secteur culturel doit s'emparer des enjeux de société actuels et être force de propositions et d'expérimentations. Je pense aux enjeux économiques, environnementaux, d'identités, de genres, les enjeux européens, les enjeux politiques du secteur numérique... La culture doit être un espace de débat, de pensées et de négociations, un espace qui contribue à faire société et non pas seulement un espace qui œuvre à « rendre l'art accessible à tous ». Je développe ces réflexions en lien notamment avec Le Relais Culture Europe auprès de qui j'ai suivi une formation longue en 2011-2012. 

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Je souhaite continuer de défendre des projets culturels ouverts à tous et articulés avec les enjeux de société. Je souhaite également défendre des projets cohérents entre les idées et les valeurs qu'ils véhiculent et la façon dont ils travaillent (le respect de la personne, un modèle économique réfléchi). Le secteur culturel a un grand changement à opérer de ce côté là selon moi. Il entretient encore une forte précarité des « jeunes » salariés, une compétitivité, il y a une diversité très peu représentée, notamment à la direction des projets. Je souhaite défendre des valeurs avant tout et continuer de prendre du plaisir dans les projets sur lesquels je travaille ! 

 

Mélanie Fioleau (3ème promotion du Master, 2007-2008), co-fondatrice de la Fabrique des Impossibles, mène actuellement des missions de coordination et d’action culturelle pour différents projets. 

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Parcours d'anciens étudiants

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