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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 14:06

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Étant issue de la dixième promotion (2014/2015), mon parcours depuis le Master est assez court ! J'ai effectué mon stage de fin d'études au festival Cergy, Soit ! à Cergy, en tant qu'assistante de production, et j'ai ensuite été embauchée comme chargée de production pendant une année au sein de l'association À Suivre qui produit des évènements culturels grand public à Paris et en Ile-de-France dans l'espace public (notamment Paris Face Cachée, et Art'R, lieu de fabrique itinérant pour les arts de la rue) Le poste que j'occupais était mutualisé avec l'association 11ème Évènements qui organise le festival Onze Bouge (dans le 11e arrondissement de Paris). Par la suite, j'ai été embauchée en tant que coordinatrice au Moulin Fondu (Centre national des arts de la rue et de l'espace public en Ile-de-France) et avec la compagnie Oposito. 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

Je suis dans une démarche profondément humaniste, ce qui m'importe dans la création artistique ce sont les émotions collectives. Ce qui me plait dans mon métier c'est de voir scintiller les yeux des spectateurs, des passants, des habitants, des curieux, de les voir rire, de les voir s'interroger ; mais aussi de permettre aux artistes d'offrir ces émotions, et de les vivre grâce au public. J'ai choisi de faire ce métier pour avoir l'opportunité de créer des espaces de partage et d'échanges entre des artistes et un public averti ou non. La culture en espace public me semble indispensable à la vie collective, car elle permet de créer des souvenirs, une mémoire collective ; par sa dimension festive elle permet à tous ceux qui le veulent de se ré-approprier des rues, des boulevards, une ville entière pendant un temps donné.

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Il y a, à mon avis, deux enjeux majeurs pour le secteur culturel actuellement. Le premier concerne l'économie culturelle : on ne peut plus compter uniquement sur les financements publics alloués à la culture. Plusieurs acteurs culturels prouvent actuellement qu'il y a la possibilité de trouver d'autres financements que ceux dédiés à la culture, en se tournant vers les rénovations/réhabilitations urbaines, le tourisme, les financements privés, entre autre. C'est aussi ce que nous apprend ce Master, car il mélange des étudiants de différents univers qui inventent ensemble une autre forme de culture en espace public, et donc de nouvelles façon de financer la culture. La culture est devenue plurielle ; elle est territoriale, collective, partagée, elle se réinvente avec les mutations sociétales. 

 

Le second enjeu qui me semble important à l'heure actuelle concerne le management culturel. D'un point de vue très personnel, j'imagine la culture comme quelque chose d'horizontal, de collectif. Je crois qu'une structure culturelle doit reposer sur une équipe solide, qui partage des valeurs communes, mais qui n'empêche pas les individualités de chacun. La complémentarité des personnes qui composent une équipe est pour moi quelque chose de fondamental. Il y a un an, j'ai commencé à travailler avec un chanteur lyrique qui souhaitait monter une compagnie d'opéra de rue, le fonctionnement que nous avons mis en place est un fonctionnement de complémentarité ; nous partageons l'envie commune de proposer un « élitisme populaire », mais chacune des personnes de l'équipe apporte un savoir-faire qui démultiplie la capacité de développement de la compagnie. Aujourd’hui, Opéra in situ développe ses premiers projets d'envergure à peine un an après ma rencontre avec Florian Bonneau, le directeur artistique.

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Ce qui me plait le plus dans les métiers de la culture, c'est l'accompagnement des artistes. J'aimerais pouvoir développer un lieu hybride, qui soit à la fois un espace d'accompagnement et de soutien aux artistes, aux compagnies, mais qui puisse également les accueillir pour travailler ; et qui permette aussi à des équipes administratives de se structurer et de se développer, grâce à la mise en commun des compétences et des connaissances. Ce genre de lieu existe déjà, mais ils sont, à mes yeux, beaucoup trop rares. J'aimerais pouvoir mettre en place une économie partagée, où chacun apporte quelque chose grâce à son individualité. La Fabrique à Nantes est pour moi un modèle de structures culturelles à développer.

 

En plus de cette dimension d'économie partagée, il me semble important d'investir des territoires. La culture doit s'immiscer dans les interstices de la vie quotidienne, sans être un choc pour une personne qui n'y est pas habituée. La culture doit s'inspirer de ce qui existe, de ce qui est déjà là pour le sublimer. Cela peut se passer au moment de la création, mais aussi au moment de la représentation, il faut travailler le territoire pour pouvoir mettre la culture partout. Il ne s'agit plus d'apprendre les « codes » de la culture, mais de se saisir des codes quotidiens pour en faire de la culture. C'est en touchant d'abord à l'émotionnel, à la sensibilité individuelle, qu'on pourra ensuite proposer de partager une émotion collective. 

 

Camille Fukas (10ème promotion du Master, 2014-2015) est coordinatrice au sein de la compagnie Oposito et au Moulin Fondu. 

 

Photo : repérage pour le spectacle Kori Kori de la compagnie Oposito, Festival Onze Bouge 2014. Crédit : Xavier Cantat.

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Parcours d'anciens étudiants

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