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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:41

Qu’est-ce que la taxe d’apprentissage ? 

Cet impôt fait participer les employeurs au financement des formations technologiques et professionnelles. Il représente 0,68 % de la masse salariale brute de l’année précédente. C'est le seul impôt pour lequel l’entreprise peut décider une affectation autre qu'au Trésor Public ! Bonne nouvelle : notre Master, le seul dédié en Europe à l'art en espace public, peut en bénéficier. 

Qui est assujetti à cette taxe ?
Les personnes physiques et morales imposées au titre des bénéfices industriels et commerciaux, et les sociétés et autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet. En clair, nul besoin d'être une entreprise culturelle pour nous soutenir. 

À quoi sert la taxe d’apprentissage qui nous est affectée ?
Elle nous aide directement à développer notre action pédagogique en faveur de la création artistique en espace public, au bénéfice des étudiants et de leurs futurs employeurs. Nous pouvons également par ce biais développer des liens privilégiés avec les structures qui nous soutiennent. 

Comment affecter votre taxe d'apprentissage au Master ?
Le versement s'effectue par l’intermédiaire d’un organisme collecteur de la taxe d’apprentissage. Voici ce document à télécharger où tout est expliqué

Pour toute autre précision, n'hésitez pas à nous contacter.

Les étudiants ainsi que les professionnels et les universitaires de l'équipe pédagogique vous remercient. 
Les étudiants de la 12e promotion du Master !

Les étudiants de la 12e promotion du Master !

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 12:09
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !

Quelques nouvelles de la 12ème promotion du Master Projets culturels dans l'espace public ! 

La rentrée fut balnéaire et néanmoins urbaine : sur la plage du 6b à Saint-Denis (voir la photo du groupe en apesanteur). Les étudiant-e-s ont ensuite participé au festival Vis-à-Vis du collectif BLBC, au lancement de la saison culturelle de la Courneuve à la friche Babcock (avec le Groupe Acrobatique de Tanger, Claudio Stellato, Johann le Guillerm…), ont vu les apparitions des Souffleurs commandos poétiques avenue de Flandres, découvert les Palissades du Phun à Saint-Blaise, arpenté Paris pendant la Nuit Blanche, découvert Qu'est-ce qu'il y a juste après ? de KMK, assisté à une répétition publique de la cie BIB-Jack Souvant. Ils et elles ont aussi pris les rênes de l'association Objet(s) Public(s), rencontré Pauline Gacon d'Houdremont, Thomas Renaud et Stéphanie Braka (ancienne étudiante du Master) de la Maison des Jonglages, Matthias Tronqual de la MC93, Malte Martin, Christophe Blandin-Estournet et Fanny Duwez (ancienne étudiante du Master) du Théâtre de l'Agora, scène nationale d'Evry et de l'Essonne, Romain Arditi (ancien étudiant du Master, Le Phun), Jean-Christophe Choblet (mission PAVEX Ville de Paris), l'équipe du festival L'appel de la lune, ont participé à la journée art et aménagement organisée par le pOlau et Plaine Commune, assisté au colloque sur le Bien commun politisé, au colloque Oxymores III sur l'état de l'art urbain, à la restitution du collectif FAITES place des Fêtes (19e) dans le cadre de Réinventons nos places… Et bien sûr, ils et elles sont suivi les cours et ateliers des intervenants du Master du premier semestre : Gustave Galeote, Antoine Cochain, Elsa Vivant, Serge Saada, Fabienne Quéméneur, Pascal Le Brun-Cordier… 

 
Parallèlement, le groupe a été invité à travailler avec la Maison des Jonglages, le Collectif Protocole et le collectif Double M. Ces trois structures, qui ont répondu à un appel d’offre passé par Plaine Commune Développement début 2016 portant sur l’accompagnement artistique du chantier de l’ilot du marché de La Courneuve, ont imaginé un projet appelé [ Monument en Partage ] qui va se déployer jusqu'au printemps 2018. Ce projet va conduire l’équipe du projet (jongleurs, architectes et coordinateurs, et les étudiants du Master) à se présenter comme des enquêteurs poétiques et sensibles tentant d’expliquer la multiplication d’étranges Hommes à tête de cheval dans tout le quartier des Quatre Routes. [ Monument en Partage ] s’appuie sur la rumeur autour de l’apparition inexpliquée de ces Hommes à tête de cheval pour raconter le quartier et ses habitants au cours de ces deux années. Le travail réalisé par les étudiants depuis la rentrée a consisté à imaginer une stratégie de diffusion d'une rumeur en lien avec ce projet, à la diffuser à l’échelle du quartier des Quatre Routes, et enfin à mettre en récit cette expérience et à l’analyser. 
 
Pour en savoir plus sur ces hommes à tête de cheval..., rendez-vous ici : https://www.facebook.com/monumentenpartage
 
Les étudiants du Master cultivent une rumeur poétique à la Courneuve !

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Actualité du Master
15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 18:28

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

En parallèle de mes études, j’ai participé à co-fonder ce qui était alors un collectif, YA+K, qui réunit de jeunes architectes, urbanistes et designers autour de projets questionnant et investissant parallèlement l’urbanisme, l’architecture, le design et l’action culturelle. Travaillant différentes échelles spatiales (de la ville à l’objet) et temporelles (de la prospective à l’éphémère), le collectif vise à créer des situations ludiques et évolutives ou s’initient et s’écrivent d’autres rapports au réel et à l’imaginaire. Qu’il s’agisse d’architecture éphémère, mobile, ou d’interventions plastiques, la pratique du collectif s’inscrit dans une démarche expérimentale toujours en lien avec le territoire conçue comme un outil de préfiguration active dans l’élaboration de la ville et sa construction. S’associant régulièrement avec des acteurs locaux (collectivités, associations…) et des artistes (vidéastes, plasticiens…), le collectif fait de la transversalité des acteurs et des pratiques le dénominateur commun de tous ses projets.

 

Depuis 5 ans, nos activités ne cessent de s’étendre : nous développons des projets qui investissent tant le champs de l’art contemporain, l’architecture, le design social que des études-actions urbaines. Toujours en réflexion, nous développons en parallèle des workshops, des publications et autres expérimentations théoriques et concrètes Développant un travail toujours ancré dans les territoire, nous faisons de l’« immersion diffuse » une condition de création, ce qui nous incite à investir des territoire qui deviennent à la fois lieu de travail et de projets. Présent depuis un an sur Bagnolet, notre présence s’affirme en 2016 avec l’ouverture d’un lieu, le FABOR, laboratoire social et technique, ouverts à tous, habitants et professionnels. Ce lieu d’expérimentation se veut tant un lieu qu’un outil d’expérimentation et de travail pour la rénovation urbaine en cours qu’un lieu d’innovation et de réflexion autour du design social et des modes d’implication collectif dans la construction des territoire.

 

En parallèle de mon implication dans le collectif, je mène un travail de thèse en Art et Sciences de l’art directement connecté à notre pratique. 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

L’architecture constitue pour nous un acte culturel et l’espace public son support privilégié. Ce n’est pas une discipline, mais une pratiques située à la croisée des disciplines et des champs d’action. L’espace public constitue pour nous un espace d’intervention privilégié car s’y télescopent l’ensemble des réalités et des échelles qui font le projet. Il est l’espace « commun », au sens partagé, mais surtout l’endroit où se construit du commun et se travaillent les Communs. Dans le contexte actuel, nous nous devons de défendre d’autant plus la création et l’action  « en espace public » car c’est bien là que se construit du collectif et se défendent les communs.

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Construire une culture commune mais plurielle, nourrie des réalités du monde contemporains et des multiples crises qui le traversent (politiques, sociales, écologiques, économiques…). Dans une trajectoire écosophique, on peut dire que la culture constitue le seul vecteur de durabilité dans la construction d’un monde commun, et l’espace public le lieu de son élaboration et de sa construction. 

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Celle énoncé précédemment et plus concrètement participer à promouvoir et à diffuser une approche du design et de la création décloisonnée qui place au centre le collectif et le commun, préserve les singularités des contextes et participe à construire une autre culture politique. Design social, design des communs… quels qu’en soit les termes, il s’agit de construire des pratiques qui dépassent les cloisonnement disciplinaires, les limites entre mondes professionnels en apparence éloignés (public/privé…), la déconnection entre théorie et action… Partir d’un objet et d’un support partagé — l’espace public — nous semble être une bonne hypothèse à travailler. 

 

Étienne Delprat (6ème promotion du Master, 2010-2011) est architecte et artiste, co-fondateur du collectif YA+K. Il a publié plusieurs ouvrages dont Système DIY. Faire soi-même à l’ère du 2.0 (Editions Alternatives, 2013) et Manuel illustré de bricolage urbain (Editions Alternatives, 2016)

 

 

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Parcours d'anciens étudiants
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 22:37

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Afin de valider mon Master, j'ai effectué un service civique à Animakt, lieu de fabrique pour les arts de la rue, situé en Essonne à 25 kilomètres de Paris dans un petit village aux allures pittoresques. Au bout de 8 mois de service civique, ma tutrice et collègue est partie vers d'autres horizons. J'ai donc postulé à son poste et ai été embauchée en CDI à plein temps comme chargée de communication, relations avec les publics et action culturelle en mai 2014. J'y travaille depuis. J'ai entre temps travaillé à plusieurs reprises pour l'organisation du festival Chalon dans la Rue. 

 

Animakt est un lieu intermédiaire qui accompagne des démarches artistiques et culturelles dans leurs différents modes de création, production ou diffusion. Nous développons dans ce lieu, et sur le territoire alentour, des actions qui se situent au cœur d’enjeux artistiques, culturels et sociaux. Sur le territoire, Animakt développe un lien privilégié avec les habitants, le public et les structures locales ; tisse des liens, implique les habitants, propose des actions citoyennes et artistiques ; nous menons également des actions culturelles auprès de publics variés en lien avec des structures sociales (en Maison d'arrêt, dans des camps roms, dans les écoles...). L’association joue un rôle d’intermédiaire entre les artistes et le public, multipliant les points de contacts et d’échange entre les deux. 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

Je défends des spectacles engagés, pertinents, en contact avec le public, qui le touchent, l'embarquent, des spectacles qui jouent avec la réalité, la transforment, la détournent, qui questionnent le quotidien, le remettent en question, des spectacles à taille humaine, loin des super-productions, qui prennent en compte l'individualité du spectateur et prennent soin du rapport avec lui, des expériences fortes partagées entre artistes et spectateurs, des projets citoyens qui tentent de changer le monde à l'échelle locale, le mélange des genres, un développement culturel local. 

 

Je défends l'importance des lieux de fabrique, lieux intermédiaires, qui se placent du côté de la recherche et de la création, en proposant des laboratoires, des espaces d'expérimentations pour des projets artistiques ambitieux et des projets citoyens. Je défends une forme de travail collectif et horizontal, éloignée des structures pyramidales et hiérarchique classiques. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Un des enjeux culturels majeurs à mes yeux est aujourd'hui le financement public de la culture, qui s'émiette et qui précarise toujours plus le secteur culturel. L'importance de la culture pour une société juste et équilibrée est trop souvent mise à l'écart des réflexions politiques et sociales. L'implication des citoyens dans des projets artistiques et culturels de qualité me semble également une problématique sur laquelle il faut se pencher sans cesse. Proposer des alternatives au système mondialisé en créant des dynamiques locales, des zones de rencontre, en favorisant l'appropriation de l'espace public et en y créant des espaces d'échanges et de convivialité. L'imbrication des questions écologiques, artistiques, sociales et politiques avec les projets culturels.

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Dans les 10 prochaines années, je souhaite continuer à faire quelque chose qui me plaît, à travailler à l'accessibilité des projets artistiques et culturels, à leur développement par des projets à dimensions locale et humaine. Je ne sais pas où je serai dans 10 ans, ni ce que je ferai, c'est un peu loin, mais les problématiques liées à un un lieu de fabrique implanté localement me plaisent et m’animent. Je souhaite continuer à défendre des formes de travail collectif et horizontales. Je souhaite continuer à construire des alternatives citoyennes dans des lieux culturels de proximité. Bref, je souhaite continuer à défendre ce que je défends aujourd'hui !

 

Nina Le Roux (8ème promotion du Master, 2012-2013) est actuellement chargée de communication, relations avec les publics et action culturelle à Animakt, lieu de fabrique pour les arts de la rue (Essonne). 

 

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Parcours d'anciens étudiants
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 15:17

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Dans le cadre de mon projet de fin d’étude en DSAA communication visuelle à Olivier de Serres, j’ai co-fondé avec Caroline Bourgeois le collectif Goûte moi ça !. Depuis 2011, nous développons des ateliers graphiques participatifs et comestibles. De la sérigraphie sur crêpe au tatouage sur banane, nous nous amusons à détourner les codes et les supports en passant du graphisme à la cuisine. En mars dernier, nous avons sorti un livre DIY «Les ateliers qui se mangent» aux éditions Tana. Un recueil illustré de 40 ateliers à faire dans la cuisine pour les enfants et leurs parents. En suivant le Master Projets culturels dans l’espace public, je voulais me professionnaliser dans la mise en place de projets en confrontant ma pratique à d’autres disciplines. J’ai écrit mon mémoire sur l’Odyssée de la galette, un projet itinérant autour du bassin méditerranéen. L’idée est d’organiser des ateliers afin de mettre en place des événements sur la place du marché pour fabriquer, imprimer puis manger des galettes. J’ai eu la chance de réaliser deux étapes de cette aventure en 2015, d’abord en Algérie puis au Portugal. Pour la partie algérienne du projet, j’ai obtenu une subvention de l’Ambassade de France. À Oran, j’ai travaillé avec l’équipe de l’Institut français et l’association Bel Horizon à l’occasion de la marche du 1er mai. J’ai croisé la route de Pascal Le Brun-Cordier et Danielle Bellini, Alexis Nys et la Compagnie Les grandes personnes. Nous avons mis en place un atelier de sérigraphie pour les enfants et deux journées de cuisine pour fabriquer 70 galettes de semoules imprimées dans les locaux de la FARD. Le jour du 1er mai, nous avons organisé un buffet typographique en français et en arabe. À Alger, j’ai rejoint Louise Dib, graphiste typographe pour organiser 3 jours d’ateliers dans l’école Artissimo. Avec les étudiants, nous avons mis au point des décors en papier et des lettrages comestibles pour tourner le stop-motion « Goûtons l’Algérie ». Au Portugal, j’ai couru après les Broa de Milho avant de traverser l’Alentejo pour rencontrer le meilleur boulanger du monde à Monsaraz. Sur un air de carioca, l’aventure a pris les couleurs du Brésil lors d’un atelier de sérigraphie sur crêpe de tapioca. Souhaitant mettre en place une étape grecque de l’Odyssée de la galette pour l’été 2016, je suis à l’écoute d’éventuels bons conseils ou d’idées de contact. laura.doucene@gmail.com

 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

L’espace public est facteur de rencontres et d’ouvertures. Il y a un énorme travail d’éducation populaire à faire. Pendant l’écriture de mon mémoire, j’ai rencontré le compositeur Nicolas Frize qui m’a confié que ce qui l’intéresse lors d’un projet mené avec les gens est de donner envie à chacun de se « déplacer » dans son quotidien. Il ajoute que l’abstraction est une donnée essentielle afin d’intégrer le plus grand nombre au cœur d’un projet participatif. Cela me plaît. Je pense qu’il est important de mettre en place des processus artistiques durables qui s’adressent à une diversité de public et qui favorisent la participation et l’interaction des habitants. Je suis consciente de la difficulté de mener ce type d’action. Le marketing territorial, les enjeux budgétaires et le buzz que provoque le mot espace public dans la sphère culturelle ne facilitent pas la démarche. Il existe une hiérarchie de projets et une hiérarchie d’acteurs culturels. Il faut savoir se faire une place ou plutôt savoir inventer sa place. J’aime l’idée de faire des projets « avec et pour » mais je me questionne sur la façon dont certains projets peuvent être récupérés. 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Les enjeux culturels sont étroitement liés aux questions politiques et sociales actuelles. Il est important de trouver des moyens d’actions pour nous donner envie collectivement d’espérer. Une mobilisation citoyenne qui sort des sentiers battus et qui s’organise sur le local peut contribuer à « déplacer » les gens, qu’il s’agisse des porteurs de projets comme des participants. Nombre d’actions pertinentes qui permettent de créer du lien existent et prouvent que cela sert pendant un temps donné à changer les choses, à ré-inventer son quotidien. La temporalité des projets est pour moi la donnée clé d’une « infusion » culturelle réussie. Les divers collectifs, associations et compagnies qui œuvrent sur le terrain, s’organisent en réseaux, se connaissent et se rencontrent. En travaillant au 6B (Saint-Denis), j’ai pris la mesure de ce fonctionnement. L’éthique est une nouvelle valeur à défendre. Il y a des terrains d’interventions riches et divers. Il y a des expériences multiples, des réflexions abouties et l’envie de faire autrement. Il y aussi une réalité économique à prendre en compte. 

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

J'ai été reçue à l’agrégation d’arts appliqués. J’aimerais continuer à prendre du plaisir dans la conception de projets. Si j’ai la chance d’encadrer des étudiants en design, j’aimerais pouvoir transmettre l’envie d’expérimenter avec curiosité et transversalité. 

 

Laura Doucène (9ème promotion du Master, 2013-2014) a co-créé Goûte moi ça !, collectif de création graphique et culinaire. Elle a publié « Les ateliers qui se mangent » (Éditions Tana, 2015), et a été admise en 2016 à l’agrégation d’arts appliqués. 

 

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Parcours d'anciens étudiants
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:44

Pascal Le Brun-Cordier, responsable du Master Projets culturels dans l’espace public (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), directeur de l’agence Vertigo In Vivo, conçoit et organise des projets artistiques dans l’espace public. Il a notamment créé puis dirigé pendant cinq ans les ZAT - Zones Artistiques Temporaires à Montpellier. Le magazine Politis l’a interviewé dans le cadre d’un numéro consacré à la « reconquête de l’espace public » en 2016. 

 

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Actualité du Master
22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 14:38

 

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

J’ai effectué mon stage de Master en 2007 dans l’équipe de production déléguée de Nuit Blanche Paris. J’y étais assistant du directeur technique, Nicolas Champion. Ce fut une rencontre déterminante puisque je l’ai ensuite accompagné dans toutes les entreprises remportant les marchés publics de production déléguée de Nuit Blanche jusqu’à aujourd’hui. J’y ai d’abord été adjoint de direction technique, avant d’occuper, depuis 2014 et pour les prochaines éditions, la codirection technique de l’évènement.

 

Entre les périodes de production de Nuit Blanche et jusque 2013, j’ai travaillé en tant que chargé de production sur le festival la Folle Histoire des Arts de la Rue avec Karwan à Marseille, le festival de jazz et musiques improvisées Banlieues Bleues en Seine Saint-Denis et la compagnie de danse contemporaine Alain Buffard

 

En 2015, avec Nicolas Champion et une troisième collègue, nous avons fondé Playtime, structure (sarl) de direction technique de projets culturels et artistiques qui a la spécificité de travailler les espaces en friches et l’art dans l’espace public. Nous travaillons actuellement pour des organisations publiques ou privés (collectivités, associations, entreprises) à l’ouverture au public, temporaire ou pérenne, de friches (ancien hôpital, ancienne gare/entrepôt), sur le projet artistique et culturel du Grand Paris, et à l’élaboration du plan programme pour la petite ceinture parisienne. 

 

Parallèlement à cette activité de direction technique, avec Marion Aubin (urbaniste), nous avons créé l’association Point de Rassemblement qui vise à développer la capacité d’agir citoyenne dans la ville et l’espace public. Nos pratiques professionnelles nous questionnaient sur la fabrique de la ville et la reconnaissance de la capacité d’artistes et d’architectes/urbanistes à énoncer un acte pérenne ou éphémère alors que celle des habitants/citoyens à être acteur de leur environnement est très rarement prise en compte. Depuis 2009, nous inventons des projets qui impliquent les individus dans l’amélioration de leur quotidien et cherchent la coopération entre populations, décideurs, professionnels, au service de ce cadre de vie. En collaboration avec les Saprophytes (collectif poético-urbain), nous avons construit avec les habitants de l’ilot Colombier et les services de la ville de Bezons, le projet du « Germoir » dans un quartier en requalification urbaine ANRU (photo). Trois ans d’échanges ont permis l’élaboration d’une guide de quartier/carte subjective puis la mise en place du « Germoir », lieu de jardinage auto-construit et auto-géré avec un espace de réunion et des jeux pour enfants. Depuis 2013, nous travaillons à la ré-appropriation des espaces extérieurs en pieds d’immeubles de la Grande-Borne à Grigny : la mobilisation des habitants et des structures locales autour de la compréhension partagée des ressources du territoire s’est élaborée autour de balades thématiques suivies d’une exposition des pépites (ressources) découvertes en cheminant. Ces balades nous ont permis de repérer des initiatives individuelles d’appropriation existantes qui ont fait l’objet de formation vers les services de la ville et du bailleur pour les pérenniser et les mettre en réseau. Les structures locales se sont actuellement emparées de la démarche pour faire pousser un jardin partagé et solidaire dans le quartier. 

 

D’autres initiatives en Ile-de-France nous ont amené à réfléchir avec les populations locales, la création de mobilier urbain, de signalétique, d’aménagement d’espace public à travers des démarches qui ont pour objectif la mise en capacité des individus à construire une réponse à ses besoins. Notre rôle est celui de médiateurs (entre professionnels, décideurs et populations) qui visent à faire émerger cette parole, la reconnaitre et engager les participants sur des réels possibles. Pour que l’espace public devienne un lieu de fabrication collective, il faut que ces réels possibles soient énoncés clairement dès le début : diagnostic, réalisations éphémères, travaux pérennes. L’art et à la culture sont ici des outils dans un processus organisé autour d’étapes d’immersion/compréhension des besoins, de test grandeur nature et de réalisation.

 

2. Que défendez-vous ? 

 

La capacité de chaque individu à être auteur de son environnement. L’acte de fabriquer la ville, le paysage, l’espace public doit être partagé à l’ensemble des individus. La reconnaissance de l’expertise d’usage des habitants et de leur capacité à être concepteur/co-auteur de leur cadre de vie est un des principaux enjeux de cette relation art/culture/population/territoire. C’est une question liée à celle de la reconnaissance des droits culturels et de la dignité des personnes. Il faut pouvoir accompagner la « personne » à exprimer sa vision du monde, sa culture. C’est à partir de la reconnaissance et de l’interaction de ses paroles individuelles que se construit du « commun », à l’opposé du repli identitaire que l’on nous propose. L’espace public est un espace d’usages multiples, où se croisent les cultures, où il faut gérer les conflits et susciter la coopération pour le fabriquer collectivement. Les pratiques artistiques et culturelles dans l’espace public se suffisent à elles-mêmes par ce qu’elles produisent (du sens, de l’imaginaire, etc) ; c’est ce que je défends dans mon activité de direction technique. Et elles sont aussi un formidable outil au service de cette approche qui encourage l’individu dans sa capacité à penser et à produire son espace de vie, à s’émanciper.

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Un mouvement de jeunes professionnels poursuit le travail, qui fait référence, de structures plus anciennes. Il renouvelle ces pratiques qui visent l’empowerment des individus et réussi aujourd’hui légèrement à bousculer la standardisation de la fabrique de la ville et du territoire à l’œuvre depuis 50 ans. 

 

Parallèlement, on sent un léger frémissement de la puissance publique et d’un très petit nombre d’opérateurs privés vers ce type de pratiques. L’un des enjeux culturels majeurs, en France notamment, est de convaincre du bien-fondé et de la bienveillance de ces démarches horizontales qui viennent compléter la distribution verticale du pouvoir. Cela passe par la formations des élus et des techniciens des pouvoirs publics pour une meilleure appréciation des enjeux : opter pour des temps de projets longs, la possibilité de l’échec dans l’expérimentation, la capacité de chacun à définir son bien-être, des financements assurant la viabilité économique des projets en dehors du bénévolat. Cela passe aussi par une nécessaire clarification des pratiques dites « participatives ». Toutes ne reposent pas sur un objectif d’émancipation des populations impliquées. Sans ces mises au point, il y a un risque de voir ces démarches être cantonnées à un rôle d’animation et d’évènementialisation du territoire. 

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Encore me laisser surprendre et emmener par des rencontres, et les susciter en poursuivant ces deux activités qui se nourrissent l’une de l’autre ! La direction technique de projets artistiques et culturels dans l’espace public est un métier enrichissant, toujours renouvelé dans l’attention portée aux artistes et au public pour permettre la meilleure réalisation des œuvres et offrir les conditions optimales de réception. Avec Point de Rassemblement, nous réfléchissons actuellement aux conditions techniques et économiques de production des projets : pour conserver une double activité, nous pensons privilégier l’implantation de cette démarche sur notre lieu de vie personnelle, pour améliorer directement notre propre cadre de vie. D’autres idées aussi autour du Grand-Paris et de l’émergence d’un imaginaire grand-parisien populaire et partagé. Nous avons également l’envie de produire de la connaissance à destination des décideurs et s’inscrire dans la mise en réseau de ce mouvement pour participer à l’invention de nouvelles politiques publiques pour le développement de ces démarches innovantes. En bref, continuer à promouvoir ces démarches participatives, artistiques et culturelles qui transforment la façon de concevoir l’aménagement des territoires et les programmes d’urbanisme vers des projets plus partagés, plus humains. 

 

Antoine Cochain (2ème promotion du Master, 2006-2007) est fondateur de Playtime, société de direction technique de projets culturels et artistiques, et de l’association Point de Rassemblement qui vise à développer la capacité d’agir citoyenne dans la ville et l’espace public.

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Parcours d'anciens étudiants
22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 14:31

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

J'ai intégré en 2011 l'EPCC Arcadi au sein du nouveau dispositif des Médiateurs culturels dans les lycées d’Ile-de-France. Cette mission en direction des publics jeunes, des équipes pédagogiques et des structures culturelles que j'ai occupée en Essonne, fut un véritable travail de terrain lié aux particularités d'un territoire, des propositions culturelles du Département et des envies des enseignants et lycéens. Cette liberté d'action liée au poste m'a permis de développer des projets multiples et variés tels que la re-végétalisation d'une cour de lycée avec une artiste plasticienne, un travail photographique en partenariat avec la Maison du Geste et de l'Image pour des élèves en chaudronnerie, ou encore un projet mêlant danse, architecture et graphisme pour questionner, avec l'ensemble des classes de seconde, l'espace de leur lycée sous plusieurs aspects. Article à lire

 

J'occupe à présent la direction de l'association Paris Culture 20ème et mets en place pour la mairie du 20ème arrondissement le festival d'art dans la rue ET 20 L’ÉTÉ, la médiation des expositions au Pavillon Carré de Baudouin et un cycle de conférences dans ce même lieu. Au sein du festival, nous œuvrons à la diffusion de projets artistiques dont le travail entretien un lien fort avec l'espace public tant au niveau du territoire que des habitants. A titre d'exemple, l'année passée le Collectif Bim a investi pendant une semaine une résidence d'habitation, créant pour le festival une proposition in situ avec le concours des habitants et du centre d'animation Louis Lumière à proximité. La compagnie Nicole Seiler a, quant à elle, fait appel à des danseurs amateurs et des habitants du quartier Buzenval pour son spectacle Living Room Dancers. 

 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

Le rapport au temps me paraît capital en matière de création en espace public. Parallèlement à la diffusion des spectacles, permettre aux artistes de développer, adapter, créer des projets sur un temps conséquent participe au développement de cette relation particulière au territoire et aux populations inhérente à la création en espace public. Cela va de pair avec les possibles mises en réseau avec les structures locales (associations, centres sociaux...) sur le territoire investi. Il s'agit pour moi de laisser la place et d'encourager les expérimentations artistiques dynamisant les possibilités d'interactions entre les identités présentes sur un territoire.

 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

L'enjeu de l'accessibilité et du rapport des populations à l'art reste un enjeu clé. Cette problématique récurrente se place aujourd'hui en cohérence avec des enjeux associés au thème de la diversité culturelle, de la citoyenneté, de l'éducation, de l'action sociale. De nouveaux modes d’organisation ou de fonctionnement entre les acteurs qui œuvrent sur le territoire (sans se limiter au secteur culturel) sont à trouver. Sur un autre axe, l'économie artistique et culturelle est aujourd'hui encore tiraillée entre des logiques marchandes ou reposant sur des financements publics. L'enjeu du développement d'une économie solidaire pour les projets artistiques et culturels (comme revendiqué par les membres de l'UFISC) est une alternative intéressante et encore peu développée.

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Continuer à soutenir la création en espace public en participant à sa diffusion sur des territoires. Défendre la dimension politique et citoyenne de ses formes. 

 

Pauline Cornec (6ème promotion du Master, 2010-2011) est actuellement directrice de l'association Paris Culture 20ème qui organise notamment le festival d’art dans la rue ET 20 L’ÉTÉ. 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 13:32

 

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Depuis mon année de formation en 2009-2010, j’ai multiplié les expériences professionnelles, multiplier pour amplifier, élargir mon domaine de compétences et surtout pour prendre la mesure du champ des possibles des projets culturels dans l'espace public. J’ai donc successivement occupé les postes suivants : chargée de production à ZAT Montpellier, chargée de projets culture au sein de l’agence web Le Hub agence, chargée de développement dans le domaine de l’E.S.S. sur des projets culinaires, chargée de mission au service culturel de l’Institut français du Maroc, et enfin, codirectrice de La Ferme du Bonheur à Nanterre.

 

2. Que défendez-vous ? 

 

Des œuvres exigeantes, intransigeantes, absolues, un geste artistique fort (un choc esthétique ?), un propos politique fort. Des artistes qui disent leur rapport au monde et nous éclairent sur celui-ci. Des projets audacieux, poétiques, leviers de transformation sociale, sans concession, sans alibi social, sans misérabilisme, sans démagogie. Des idées qui favorisent l’émancipation, le vivre ensemble. Des lieux de projection, de liberté, de fête. Des politiques culturelles qui conjuguent démocratie culturelle et démocratisation culturelle. 

Et si, par dessus-tout, les œuvres, les projets,  les lieux prennent forme dans une interaction réciproque réussie avec un territoire, un contexte, un espace public, c'est la cerise sur le gâteau !

 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Les politiques culturelles doivent continuer de soutenir la création artistique, l'éducation artistique, de réduire les inégalités d’accès à la culture, de  favoriser la circulation des œuvres, d'aider le développement de projets culturels innovants favorisant les liens entre les artistes, les habitants et le politique, les projets trans-disciplinaires qui relient la vie artistique à la société (et à l'actualité), les projets et les œuvres qui exaltent l’expérience urbaine ou l’expérience rurale, donc l’expérience au monde. Il faut évidemment adapter ces grandes notions et ces grandes idées à l'évolution de nos campagnes, de nos métropoles, de la fabrication des villes, des contextes nationaux et internationaux...

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

J’aimerais continuer à œuvrer aux côtés d’artistes et d’acteurs culturels passionnés, enthousiastes, bienveillants, défendant conjointement les notions de démocratie culturelle, démocratisation culturelle et diversité culturelle.

 

Anne Métrard (5ème promotion du Master, 2009-2010) est actuellement codirectrice de La Ferme du Bonheur (Nanterre). 

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 09:34

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Suite à l'année de formation au sein du Master, j'ai été recrutée par l'agence Artevia à Paris au poste de chargée de production. Artevia est une agence de développement et de production de projets culturels qui travaille tant avec des clients privés telles que des marques de luxe, qu'avec des collectivités territoriales comme la Mairie de Paris. Si j'ai choisi cette agence c'est d'abord pour sa vision innovante et décloisonnée de la culture, mais aussi pour son approche du métier de producteur de projets culturels. En effet, Alain Thuleau, directeur général d'Artevia, décrit souvent l'agence comme une boîte à outils permettant de mettre en œuvre une pluralité d'événements, de la conception à la réalisation. 

 

J'ai donc travaillé pendant deux années au sein de l'équipe d'Artevia en tant que chargée de coordination et de production. Je suis d'abord intervenue sur les deux premières éditions de la Fête du graphisme, événement initié et produit par Artevia. Mon rôle a été d'une part d'assister la production générale de la manifestation, et d'autre part de piloter la mise en oeuvre de dix workshops inter-écoles au sein de dix écoles d'arts graphiques parisiennes.

 

J'ai également co-piloté la première édition du festival international de design à Paris, Think Life, Nouvelles vies mode d'emploi, événement co-produit avec l'association D'DAYS. Dans ce cadre, j'ai participé à la conception des formats de l'événement, à la coordination générale, notamment avec les équipes du Carreau du Temple (lieu d'accueil de la manifestation), ainsi qu'à la programmation des conférences. En parallèle, j'ai également été en charge de répondre à plusieurs appels d'offre et contribué au développement commercial de l’agence. Enfin, j'ai co-piloté des études préalables pour accompagner des clients privés dans leur stratégie de positionnement culturel pour l'ouverture de nouveaux lieux. 

 

Depuis un an, je vis à Lyon et je travaille à la Cité du design à Saint-Etienne, au poste de chef de projets Territoires dans le cadre de la 10ème édition de la Biennale internationale de design. Je coordonne l'ensemble de la programmation OFF ainsi que les appels à projets initiés dans l'espace public (Banc d'essai et Rue de la République du design). Au contact des acteurs culturels et associatifs locaux, je participe au développement de la Biennale hors-les-murs et à son appropriation par les publics à différentes échelles.

 

2. Que défendez-vous ? 

 

Urbaniste de formation, je crois aujourd'hui que la culture constitue un véritable socle du développement territorial. Pour reprendre les mots de Jean Blaise dans son dernier ouvrage co-écrit avec le sociologue Jean Viard, Remettre le poireau à l'endroit (2015, éditions de l'Aube), « la culture c'est la ville ». Je suis convaincue que nous, contributeurs de l'action culturelle, devons favoriser la multiplication des propositions et des formes artistiques dans l'espace public. La fabrique de la ville de demain fondée notamment sur les enjeux de développement durable, de mixité sociale et d'intensité urbaine, passe indéniablement par la reconquête de territoires et par la construction de la ville sur la ville, c’est-à-dire sa densification notamment en travaillant sur les interstices et les friches. 

 

C'est dans ce cadre que la création artistique joue un rôle. Il ne s'agit pas, comme on le pense souvent, de poser un vernis pour masquer des disparités socio-urbaines, mais bien de multiplier les actions artistiques et les événements pour impulser un processus de re-dynamisation territoriale. Dans ce cadre, à nous de créer et de mettre à disposition les outils au service d'une synergie entre les professionnels de la ville, les élus et les habitants, pour que la création artistique devienne le combat de chacun ! 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Quatre enjeux culturels majeurs sont aujourd'hui posés en matière d'action culturelle.

 

- Pour de nouveaux territoires de création : les formes classiques de diffusion tels que les musées et les théâtres doivent être progressivement déconstruites pour consacrer la culture hors les murs. L'espace public urbain mais aussi rural, périurbain, les friches et les espaces délaissés doivent devenir des lieux de création in situ.

 

- De nouveaux acteurs et de nouvelles formes d'organisation : l'émergence de "collectifs", composés d'acteurs issus de la société civile, d'experts, de techniciens et d'associations, illustre la nécessité de "faire ensemble" pour révéler les nouveaux territoires de création et répondre aux enjeux du vivre-ensemble.

 

- De nouveaux champs d'action, social et économique : la culture ne doit plus être pensée aujourd'hui comme un mode de loisirs et de divertissement. Nous devons en effet valoriser des actions culturelles socialement responsables et économiquement efficaces, pour assurer le développement des territoires. Les structures socio-médicales, les établissement pénitenciers mais aussi les acteurs économiques doivent devenir les partenaires de la culture de demain.

 

- De nouveaux outils d'intervention et de diffusion : à l'heure de la révolution numérique et de la dématérialisation de nos modes de vie, l'action culturelle doit se saisir des outils d'information et de communication 2.0 pour renouveler ses modes de diffusion et séduire de nouveaux publics : art digital, plateforme de financement participatif, mobilier interactif… 

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

De façon très spontanée, je crois qu'il est difficile, à 27 ans, de répondre à cette question car je découvre tout juste ce métier. Néanmoins, dans les années qui arrivent, j'envisage de développer des projets au coeur de l'action publique culturelle. Je souhaite continuer un travail de terrain approfondi au contact des publics et participer à la création d'outils de mise en oeuvre d'une politique culturelle territoriale adaptée. Malgré un contexte socio-économique morose, certaines initiatives issues notamment de l'économie sociale et solidaire, donnent à voir une société redevenant humaniste sous quelques aspects. Dans ce cadre, je suis convaincue que la culture peut redéfinir l'identité collective en investissant les marqueurs singuliers de chaque territoire. 

 

Bianca Farrugia (8ème promotion du Master, 2012-2013) a notamment été chargée de production au sein de l’Agence Artevia. Elle est actuellement chef de projet à la Cité du Design de Saint-Etienne dans le cadre de la Biennale Internationale de Design

 

Biennale Internationale de Design de Saint-Etienne 2015. Crédit photo : Pierre Grasset. 

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 11:56

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

J’ai travaillé pendant trois ans (depuis avril 2013) pour l’artiste plasticien Stefan Shankland qui initie des projets artistiques dans des situations de mutations urbaines. Je l’ai accompagné dans la coordination de projets réalisés dans le cadre de la démarche HQAC (Haute Qualité Artistique et Culturelle). Ces projets, de nature pérenne, temporaire ou événementielle ont été conduits en collaboration avec des acteurs de l’aménagement (Grand Paris aménagement, EPA Plaine de France), des collectivités (Ville d’Ivry-sur-Seine, Ville d’Aubervilliers, Plaine Commune notamment), ou encore des acteurs culturels (Marseille Provence 2013, COAL, Domaine de Chamarande).

 

 

J’ai eu beaucoup de plaisir à m’impliquer dans le projet Marbre d’ici qui consiste à revaloriser des gravats issus des démolitions d’immeuble pour en faire un nouveau matériau de construction. Ce projet nous a aussi permis de solliciter le monde de la recherche et de l’innovation (CERIB - Centre d’Etudes et de Recherche de l’Industrie du Béton ; Paris &Co). Nous avons fait évoluer ce matériau jusqu’à une intégration pérenne dans l’espace public à Ivry-sur-Seine en tenant compte des contraintes d’un projet urbain. Nous avons développé des relations de travail très étroites avec la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre, c’est-à-dire avec le commanditaire et toutes les instances qui ont permis d’aller jusqu’à la réalisation concrète d’une œuvre d’art dans l’espace public faite à partir de déchets du BTP issus des démolitions locales. 

 

 

Depuis avril 2016, je travaille au CENTQUATRE, établissement artistique de la Ville de Paris situé dans le 18e arrondissement. Cet espace de 39 000m2 anciennement dédié aux pompes funèbres, reconverti en un lieu de rencontre entre les sphères artistiques, économiques et sociales est pour moi un espace singulier qui fait évoluer les relations entre les disciplines artistiques. C’est un lieu d’innovation qui crée du lien entre l’art, la culture et les réalités de nos sociétés. C’est un espace ouvert à ce qui se passe sur son territoire de proximité pour créer de nouvelles relations entre l’art et le public. Pour favoriser les conditions de rencontre au sein de ce lieu culturel et artistique et en faire un quasi espace public, l’équipe du CENTQUATRE accorde un temps précieux à l’accompagnement des artistes et entrepreneurs en résidence ainsi qu’au développement de pratiques amateurs. Je suis aujourd’hui chargée de mission ingénierie rattachée à la direction déléguée au développement et à l’innovation. Mon rôle consiste ainsi à valoriser l’expertise du CENTQUATRE auprès d’acteurs publics et privés, français ou étrangers, intéressés par les spécificités et la flexibilité de ce lieu. Cette mission pourrait les aider à favoriser l’ouverture au territoire d’autres lieux culturels existants ou à venir. Parmi ses missions actuelles, le CENTQUATRE accompagne la Société du Grand Paris dans la définition d’une programmation artistique et culturelle innovante pendant les phases de chantier du GRAND PARIS EXPRESS. Sous la direction artistique de José-Manuel Gonçalves, directeur du CENTQUATRE, et Jérôme Sans, co-fondateur du Palais de Tokyo, et en partenariat avec les agences Eva Albarran, Manifesto et Smile & Co, le CENTQUATRE est en charge des enjeux d'innovation et de la production des grands évènements et des  spectacles.

 

INCUBATEUR 104 FACTORY http://www.104factory.fr/

GROUPE CREATIF http://www.groupecreatif-grandparisexpress.org/

 

 

2. Que défendez-vous, fondamentalement, en matière de création artistique en espace public ? 

 

 

Mon objectif est de favoriser les conditions de l’insertion urbaine et sociale de l’art dans l’espace public et de lieux culturels. Je souhaite sincèrement faire des lieux en mutation des espaces d’expérimentations pour les artistes ou entrepreneurs qui se situent eu croisement de l’art, de la recherche et de l’innovation. Pour cela, l’enjeu est de développer des compétences transversales pour apprendre à travailler avec une diversité d’acteurs : tant les acteurs locaux (publics, privés, associatifs, riverains, etc.) pour connaître leurs attentes, besoins, usages, que les acteurs de l’aménagement afin de comprendre leurs méthodes et leur langage. Pour créer ces innovations sociales, techniques et esthétiques, il nous faut très concrètement comprendre les contraintes de faisabilité, de champ de compétences des divers intervenants, de calendrier, etc.

 

Pratiques spontanées, Marion Quatrecasas, CENTQUATRE PARIS.

Pratiques spontanées, Marion Quatrecasas, CENTQUATRE PARIS.

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Pour développer ces nouvelles esthétiques dans l’espace public, il faut pouvoir revisiter les conditions de la commande et introduire des acteurs qui ne faisaient pas partie intégrante des projets urbains jusqu’alors. Pour construire de nouvelles formes de relations de travail, il faut développer des compétences pluridisciplinaires très opérationnelles. Pour ma part, j’ai une formation juridique et urbanistique (Paris X Nanterre et Institut d’Urbanisme de Paris), puis je me suis spécialisée dans la coordination de projets culturels transversaux grâce au Master Projets culturels dans l’espace public à la Sorbonne. Je puise aujourd’hui mes compétences tant dans l’ingénierie de projets culturels que de projets urbains.

 

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ?

 

Je souhaite continuer à travailler pour des projets ou structures qui favorisent l’innovation publique et sociale, notamment dans le champ artistique et culturel. Tout cela est mouvant et une diversité d’acteurs y contribue : artistes, entrepreneurs, associations, collectivités, établissements publics, grands comptes, agences, consultants, etc. Je pense que tous aujourd’hui peuvent contribuer à faire évoluer les missions de service public. Dans dix ans, je ne sais donc pas dans quel type de structure je serai. Je pense que c’est plutôt mon instinct qui saura m’aiguiller vers des projets dans lesquels je pourrai déployer ces ambitions et compétences transversales.

 

 

Victoire Bech (8ème promotion du Master, 2012-2013) est chargée de mission ingénierie rattachée à la direction déléguée au développement et à l’innovation au CENT QUATRE, établissement artistique de la Ville de Paris.

Marbre d'ici, projet de Stefan Shankland, place du général de Gaulle, Ivry-sur-Seine

Marbre d'ici, projet de Stefan Shankland, place du général de Gaulle, Ivry-sur-Seine

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 14:06

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Étant issue de la dixième promotion (2014/2015), mon parcours depuis le Master est assez court ! J'ai effectué mon stage de fin d'études au festival Cergy, Soit ! à Cergy, en tant qu'assistante de production, et j'ai ensuite été embauchée comme chargée de production pendant une année au sein de l'association À Suivre qui produit des évènements culturels grand public à Paris et en Ile-de-France dans l'espace public (notamment Paris Face Cachée, et Art'R, lieu de fabrique itinérant pour les arts de la rue) Le poste que j'occupais était mutualisé avec l'association 11ème Évènements qui organise le festival Onze Bouge (dans le 11e arrondissement de Paris). Par la suite, j'ai été embauchée en tant que coordinatrice au Moulin Fondu (Centre national des arts de la rue et de l'espace public en Ile-de-France) et avec la compagnie Oposito. 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

Je suis dans une démarche profondément humaniste, ce qui m'importe dans la création artistique ce sont les émotions collectives. Ce qui me plait dans mon métier c'est de voir scintiller les yeux des spectateurs, des passants, des habitants, des curieux, de les voir rire, de les voir s'interroger ; mais aussi de permettre aux artistes d'offrir ces émotions, et de les vivre grâce au public. J'ai choisi de faire ce métier pour avoir l'opportunité de créer des espaces de partage et d'échanges entre des artistes et un public averti ou non. La culture en espace public me semble indispensable à la vie collective, car elle permet de créer des souvenirs, une mémoire collective ; par sa dimension festive elle permet à tous ceux qui le veulent de se ré-approprier des rues, des boulevards, une ville entière pendant un temps donné.

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Il y a, à mon avis, deux enjeux majeurs pour le secteur culturel actuellement. Le premier concerne l'économie culturelle : on ne peut plus compter uniquement sur les financements publics alloués à la culture. Plusieurs acteurs culturels prouvent actuellement qu'il y a la possibilité de trouver d'autres financements que ceux dédiés à la culture, en se tournant vers les rénovations/réhabilitations urbaines, le tourisme, les financements privés, entre autre. C'est aussi ce que nous apprend ce Master, car il mélange des étudiants de différents univers qui inventent ensemble une autre forme de culture en espace public, et donc de nouvelles façon de financer la culture. La culture est devenue plurielle ; elle est territoriale, collective, partagée, elle se réinvente avec les mutations sociétales. 

 

Le second enjeu qui me semble important à l'heure actuelle concerne le management culturel. D'un point de vue très personnel, j'imagine la culture comme quelque chose d'horizontal, de collectif. Je crois qu'une structure culturelle doit reposer sur une équipe solide, qui partage des valeurs communes, mais qui n'empêche pas les individualités de chacun. La complémentarité des personnes qui composent une équipe est pour moi quelque chose de fondamental. Il y a un an, j'ai commencé à travailler avec un chanteur lyrique qui souhaitait monter une compagnie d'opéra de rue, le fonctionnement que nous avons mis en place est un fonctionnement de complémentarité ; nous partageons l'envie commune de proposer un « élitisme populaire », mais chacune des personnes de l'équipe apporte un savoir-faire qui démultiplie la capacité de développement de la compagnie. Aujourd’hui, Opéra in situ développe ses premiers projets d'envergure à peine un an après ma rencontre avec Florian Bonneau, le directeur artistique.

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Ce qui me plait le plus dans les métiers de la culture, c'est l'accompagnement des artistes. J'aimerais pouvoir développer un lieu hybride, qui soit à la fois un espace d'accompagnement et de soutien aux artistes, aux compagnies, mais qui puisse également les accueillir pour travailler ; et qui permette aussi à des équipes administratives de se structurer et de se développer, grâce à la mise en commun des compétences et des connaissances. Ce genre de lieu existe déjà, mais ils sont, à mes yeux, beaucoup trop rares. J'aimerais pouvoir mettre en place une économie partagée, où chacun apporte quelque chose grâce à son individualité. La Fabrique à Nantes est pour moi un modèle de structures culturelles à développer.

 

En plus de cette dimension d'économie partagée, il me semble important d'investir des territoires. La culture doit s'immiscer dans les interstices de la vie quotidienne, sans être un choc pour une personne qui n'y est pas habituée. La culture doit s'inspirer de ce qui existe, de ce qui est déjà là pour le sublimer. Cela peut se passer au moment de la création, mais aussi au moment de la représentation, il faut travailler le territoire pour pouvoir mettre la culture partout. Il ne s'agit plus d'apprendre les « codes » de la culture, mais de se saisir des codes quotidiens pour en faire de la culture. C'est en touchant d'abord à l'émotionnel, à la sensibilité individuelle, qu'on pourra ensuite proposer de partager une émotion collective. 

 

Camille Fukas (10ème promotion du Master, 2014-2015) est coordinatrice au sein de la compagnie Oposito et au Moulin Fondu. 

 

Photo : repérage pour le spectacle Kori Kori de la compagnie Oposito, Festival Onze Bouge 2014. Crédit : Xavier Cantat.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 13:39

 

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Après l’incroyable expérience qu’a été le projet « Tunis sur le divan », que j’ai coordonné en juin 2015 à Tunis avec l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine (France) et l’École de l’acteur du Théâtre National Tunisien, et les résultats à la fois surprenants et alarmants que nous avons obtenus, l’envie de partir sur les routes et de psychanalyser d’autres villes ne me quitte pas. Un projet dans ce sens là est en cours… En parallèle, je travaille sur un cycle de mini-portraits vidéo consacrés aux figures majeures dans l’évolution des arts de la rue au sud et au nord de la Méditerranée et que j’essaie de subventionner grâce à mon association PIIA (Projets et Initiatives inter-méditerranéennes pour l’Art) que j’ai montée l’année dernière à Marseille avec une camarade de notre Master ainsi qu’une amie de la Fai-Ar.

 

En été 2016, j'ai coordonné et mis en scène mon premier spectacle "La Nuit des Etoiles" en compagnie du danseur Selim Ben Safia, à travers les 15 hectares de jardin de Dar Sebastien, dans le cadre du Festival International de Hammamet (Tunisie). Et là je suis en pleine préparation de la seconde édition... 

 

2. Que défendez-vous ? 

 

L’artiste doit se remettre en question, en tant que créateur et en tant que citoyen, et se re-situer dans l’« ici et maintenant » dans lequel il se trouve. Créer dépend d’un contexte, surtout quand on crée dans la rue. L’artiste doit réapprendre à voir, à écouter, à sentir, à chercher, à marcher, à se taire et à observer. Partir de la nécessité de la rue, qui est là devant nos yeux, présente dans le quotidien de chacun. Puiser dans la saleté des rues, dans les odeurs, dans les chats errants, dans la marche des prostituées, dans la couleur des fruits pourris et des murs délabrés. Mais aller aussi ailleurs, et ne pas croire qu’il n’y a que la pauvreté qui inspire. Aller vers la mer, vers la montagne, vers les cités et regarder puis pourquoi pas discuter. Il y a un lien concret qui doit se créer entre l’artiste et le contexte socio-économico-urbanistique de la ville, sinon il y a toujours le risque de la rupture, du gouffre de la carte postale, celle qui tranche entre ce que l’on vit et ce que l’on raconte. Celle qui nous éloigne de la pertinence de l’art, pour nous éblouir avec la superficialité des clichés. Chercher, s’immiscer, se perdre mais en parler à travers un prisme, celui du regard de l’artiste, perçant, fou et conscient. Car la conscience de la rue, de ce qui nous entoure, est loin d’être innée ou facile à acquérir. Il faut y travailler, il faut s’épuiser à chercher cette conscience de soi dans l’espace, de son individualité dans le commun et jouer du privé et du public que les autres par habitude ou par paresse ne voient plus. Dénoncer la rue dans la rue. Parler du citoyen dans son espace, sur son « territoire ». Bousculer, arrêter, interrompre, interpeller, siffler ou regarder et s’en aller. L’artiste a le choix de l’expression et du contact avec l’autre mais il a la responsabilité d’y faire face et d’en assumer les conséquences. L’art dans l’espace public sans prise de conscience suivie de prise de position puis de prise de responsabilité ne serait qu’une énième animation de rue, qu’un mouvement sans poésie, une parole sans voix. 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ? 

 

Lorsqu’on y regarde de plus près, on voit qu’aujourd’hui en Tunisie, plus de quatre ans après la Révolution, outre les manifestations qui sont devenues beaucoup plus fréquentes que durant l’ère Ben Ali, l’usage quotidien de la rue n’a pas tant changé : les lieux les plus fréquentés demeurent les cafés, où on s’installe pour discuter. Certes, maintenant on discute de tout, on débat, on échange, et on s’emporte mais on est toujours dans un usage unique de la pratique de l’espace public. L’espace public est relativement plus accessible, mais le Tunisien a encore du mal à y faire un usage plus poussé de sa liberté. La parole prime, elle est le moteur de l’activité publique, le corps lui est aussi statique dans son rapport à l’espace que sous la dictature. La parole peut, bien entendu, être considérée comme action mais dans ce cas précis elle est le symptôme majeur du traumatisme du « citoyen figé », celui qui durant de nombreuses années associait la liberté de parole à la liberté politique sans pour autant questionner son pouvoir d’action, et son rôle dans l’espace par rapport à cette liberté politique. Autant qu’une parole libérée, le corps a besoin de partir à la conquête de l’espace public politique, de se le réapproprier pas uniquement par le discours mais par le geste, la marche, l’exploration, le changement de trajectoires et de parcours. Partir à l’exploration d’une ville confisquée se dit, se crie, se conteste, mais doit aussi se pratiquer. Et cela s’applique encore plus à Tunis, centre névralgique de l’action politique.

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

L’une de mes priorités est la formation. Je souhaite développer en Tunisie une formation supérieure consacrée aux Métiers de la Culture et de la Médiation, en m’inspirant des formations que j’ai moi-même eu la chance de suivre durant mes années d’étude à Paris. J’aimerais ainsi permettre aux jeunes passionnés par la culture et les arts, et qui ont envie d’en comprendre les rouages et de contribuer au développement d’une véritable politique culturelle Tunisienne, d’y parvenir dans leur propre pays. 

 

Essia Jaïbi (10ème promotion du Master, 2014-2015) conçoit et accompagne des projets artistiques et culturels en Tunisie et ailleurs. 

 

À lire également : Tunis sur le Divan.  

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 18:31

À l’occasion des 10 ans du Master Projets culturels dans l’espace public, nous avons identifié 10 lignes de force des arts en espace public pour les 10 prochaines années. Il s’agit de tendances de la création dont nous observons l’émergence et dont nous souhaitons soutenir le développement.

Ce travail collectif a été réalisé sous la direction d’Anne Gonon, auteur et chargée de cours au sein du Master, et de Pascal Le Brun-Cordier, professeur associé et directeur du Master, par les étudiants de la 10e promotion, réunis au sein de l’association Objet(s) Public(s) : Stéphanie Braka, Charlotte Cheveau, Marie Delor, Coralie Durand, Astrid Durocher, Camille Fukas, Essia Jaibi, Samir Ketila, Ariane Leblanc, Pauline Lisowski, Marie Monclus, Agathae Montecinos Pinheiro, Colombine Noébès-Tourrès, Morgane Noubel, Lou Paquet, Chloé Penha, Clémence Pierre, Marie Quelen, Ivana Rumanova, Robin Sepulcre.

Cette réflexion a été nourrie par 10 rencontres-débats organisées en 2015 à Paris et dans le Grand Paris, à Marseille et à Pilsen (République Tchèque), capitale européenne de la culture.

Découvrez le parcours-découverte réalisé à cette occasion en partenariat avec HorsLesMurs / Artcéna et la SACD : http://horslesmurs.fr/accueil/documentation-recherche/les-parcours-thematiques/les-parcours/10-lignes-de-force/

(Création graphique : Atelier Malte Martin) 

Où va la création en espace public ? L'analyse du Master en 10 points !

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:48

 

1. Qu’avez-vous fait depuis votre année de formation au sein du Master, et quelle est votre activité actuelle ? 

 

Il s'est écoulé deux ans depuis le rendu de mon mémoire de fin d'étude en décembre 2013. Ces deux années ont été intenses et j'ai aujourd'hui plusieurs casquettes. Tout d'abord, j'ai effectué mon stage de fin d'étude au sein de la Cie des Souffleurs commandos poétiques où j'étais alors dans l'accompagnement des projets de territoire (Aubervilliers et Coulommiers) et dans l'apprentissage des bases de l’administration d'une compagnie. Au terme de ce stage, c'est sur une proposition du directeur artistique du collectif, Olivier Comte, que je suis devenue moi-même Souffleuse. Les Souffleurs m’ont transmis le geste du chuchotement puis j’ai intégré les nouvelles créations et poursuivis des travaux auxquels je m'étais consacrée durant mon stage (notamment le Premier Trésor Poétique Municipal). Ces activités prennent une part importante de mon temps et de mes réflexions et m'ont permis de commencer à reprendre mon travail de plasticienne, mis de côté depuis quelques années.

 

D'autre part, début janvier 2014 avec quelques camarades de promotion, nous avons décidé de poursuivre un projet initié durant l'année de formation appelé "Renards urbains". Nous partîmes sept, puis nous fûmes trois, et enfin deux avec ma co-équipière de choc Carmen Camboulas. L'idée de ce projet est partie d'un double constat : qu'il manquait sur Internet une base de références pour tout ce qu'il se passe dans l'espace public, et d'autre part que les pratiques culturelles (et plus précisément artistiques) qui œuvrent dans l'espace public, n'avaient pas l'opportunité de dialoguer entre elles. Par exemple, les arts de la rue n'ont pas forcément connaissance du réseau de l’art urbain, de celui des agriculteurs urbains ou encore des Disco soup. Pourtant, selon nous, il y avait des ponts évidents à créer notamment au regard de l'interdisciplinarité qui devient de plus en plus concrète dans le secteur culturel et que nous voulions mettre en avant. Nous souhaitions que ces acteurs culturels de l'espace public, qui ont des préoccupations communes, puissent avoir un espace pour se découvrir et échanger.

 

Après étude de la faisabilité du projet, nous avons alors décidé de créer nous-même cet espace. Un projet ambitieux, nous nous en rendons compte aujourd'hui, puisque nous voulions créer un site internet collaboratif (à l'échelle de l'Île-de-France) pour les événements culturels gratuits « en plein air ». Collaboratif signifiant que nous souhaitions que les acteurs culturels (institutions, associatifs...) publient eux-mêmes leurs événements. Culturellement, nos deux premiers objectifs étaient de "faire réseau" pour les professionnels et les amateurs, puis, de donner à voir au public francilien la richesse et la diversité de ce qui a lieu dans l'espace public. 

 

Pour aller plus loin dans la réflexion et ne pas être seulement un agenda d'événements, nous avons imaginé deux espaces sur le site qui attendent d'être développés ; des suggestions de balades ou de lieux insolites, artistiques, bucoliques, etc, proposées par les internautes eux-mêmes (collaboratif toujours). Le troisième espace serait plutôt comme un magazine avec des articles, des vidéos, des photos, des dessins ou autres qui parlent de l’espace public et de ce qu'on y fabrique, un espace de réflexion très ouvert où nous souhaitons solliciter des porteurs de projet, des flâneurs, des artistes de rue ou des associations à nous faire part de leurs expériences et de leurs regards sur la ville et les espaces publics.

 

Aujourd'hui le site est en ligne (renardurbain.fr). Nous avons travaillé avec un développeur web compréhensif et patient vis-à-vis de nos exigences. Nous voulions, et c'était primordial, une interface compréhensible par tous en nous écartant du langage techniciste du milieu culturel. Nous avons donc inventé le nôtre ; de nombreuses personnes d'horizons divers (dont une partie en dehors du secteur culturel) sont venues participer à des ateliers que nous avions organisé pour penser le développement du site, le vocabulaire, les catégories, etc. Nous voulions ainsi repenser l'adresse au public et aux acteurs culturels. 

 

Côté financement, nous n’avons qu’un seul soutien grâce à une sollicitation de la réserve parlementaire de Patrick Bloche. Malgré nos nombreuses sollicitations, outre cette réserve parlementaire, aucun partenaire public ou privé n'a su nous accompagner financièrement afin de réaliser ce qui nous paraît être un espace nécessaire de connaissance et de partage de la culture tant pour les acteurs que pour le public. Ce manque d'engagement, voire parfois de curiosité, nous a beaucoup questionnées, bien au-delà des problématiques des budgets de la culture dont nous avions conscience. Nous avons fini par comprendre que malgré les velléités des institutions publiques à s'intégrer au monde numérique, il persistait des réticences. En effet, contrairement à un projet (type événement ou création artistique) qui a un début et une fin et qui prend place dans un temps concret, un site internet reste encore trop vaporeux, et en outre dans notre cas ne rapporte pas d'argent. Le site a donc été financé par plusieurs repas de soutien et deux grands événements : La Fourrure du samedi soir au Cirque électrique (Paris 20e) et Le Bal dans le noir à La parole errante (Montreuil). Deux soirées "concepts" qui ont eu un beau succès auprès du public venu en nombre.

 

D'un autre côté, dès la première heure, nous avons su nous entourer de partenaires, en majorité des associatifs et des entrepreneurs qui nous ont apporté leur soutien moral et su communiquer l'existence du site dans leur réseau. Sans eux, nous n'aurions pas pu avoir le début de rayonnement que nous avons aujourd'hui. Enfin, au fil de nos rencontres nous avons aussi réussi à rassembler une équipe de personnes investies qui a contribué fortement à la réussite du projet. Grâce à cette évolution, nous avons pu faire en sorte que renardurbain.fr se réinvente depuis peu en un projet plus collectif autour de plusieurs personnes. À suivre donc... 

 

© Olivier Comte

Crédit photo : Olivier Comte.  

 

2. Que défendez-vous ? 

 

En matière de création, je défends ce qui est audacieux, ce qui joue avec les contraintes de l'espace public et qui porte une parole forte. Je crois que ce qui est important aujourd'hui en matière de création artistique, au regard de ce que vit la civilisation, c'est ne pas avoir peur de la prise de risque, au nom notamment de la liberté d'expression. 

 

Je vois l'artiste, et plus encore celui qui décide de travailler dans l'espace public, comme un révélateur des multiples potentialités d'un territoire : humaines, économiques, politiques, urbanistiques, artistiques... J'entends par là qu'il n'est pas celui qui impose un regard mais celui qui vient, grâce à sa création, ouvrir des possibles dans l'esprit et dans le concret de la ville et de ses habitants. Ce que je défends, c'est un droit (voire un devoir) à l'intervention dans l'espace public, un droit au rêve, à l’action ; qu'elle soit écrite, dansée, peinte, semée..., le droit à la caricature, au rassemblement, à l’irruption et à la co-action. 

 

3. Quels sont les enjeux culturels majeurs actuellement à vos yeux ?  

 

Difficile de choisir, il y en a beaucoup. Je crois que les créateurs et les penseurs (sociologues, anthropologues, philosophes ...) peuvent avoir un impact fort sur la société. A différents niveaux et à toute époque ils ont su nous livrer leur manière de penser le monde et faire remonter à la surface les incohérences, les malaises et les contradictions de nos sociétés. La pensée de l’artiste est pour moi un remède. Elle remet en question le politique, elle est comme un garde fou. Les enjeux culturels majeurs ? Remettre du rêve partout.

 

4. Que voulez-vous faire dans les 10 prochaines années, quelles idées voulez-vous défendre ? 

 

Je souhaite poursuivre mon investissement au sein du collectif des Souffleurs, il y a encore beaucoup à rêver. Cette "tentative de ralentissement du monde" aidée par la poésie est un espace salvateur et concret d'actions et de réflexions sur notre manière de (re)penser ce monde un peu fou dans lequel nous vivons. Continuer également le travail au sein des Renards urbains avec cette fois des actions ancrées plus concrètement dans l'espace public. J'ai également une idée qui me tient à cœur qui serait la création d'un lieu pour l'échange de savoir-faire culinaires traditionnels et autour des nouvelles réflexions sur l'alimentation. Ce projet est directement lié à mon engagement pour l'écologie et à la façon dont nous traitons le vivant de manière générale. J'aimerais beaucoup qu'un tel lieu devienne le point de départ d’une ouverture pour le public à diverses disciplines ; musique, danse, cinéma, peinture… qui traversent les cultures qui nous entourent et que nous ne connaissons pas ou peu. L'objectif serait d'en faire un lieu de convivialité, un lieu où l’on vient pour diverses activités ou même pour ne rien y faire ! Ce lieu serait pour tous et en particulier pour les plus jeunes et les femmes éloignées du monde du travail. Et puis bien sûr, j'espère continuer à voyager pour nourrir mes projets ici. 

 

Loyce Hébert (8ème promotion du Master, 2012-2013) est « souffleuse » au sein de la Cie Les Souffleurs commandos poétiques, et co-responsable du site collaboratif renardurbain.fr

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Published by Master Projets culturels dans l'espace public - dans Parcours d'anciens étudiants

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